Les Dépêches de Brazzaville



Chine-Afrique : les échanges commerciaux en hausse de 24 %


Les relations commerciales entre la Chine et l'Afrique poursuivent leur ascension. Selon les données publiées le 15 juillet dernier par l'Administration générale des douanes chinoises, la valeur des échanges entre les deux partenaires a atteint 203,54 milliards de dollars au cours des six premiers mois de l'année, soit une progression de 24 % par rapport à la même période en 2025. Cette croissance repose sur une hausse simultanée des exportations chinoises vers le continent et des ventes africaines vers le marché chinois. Les exportations de Pékin se sont établies à 130,01 milliards de dollars, en augmentation de 26,2 %, tandis que les importations chinoises en provenance d'Afrique ont atteint 73,53 milliards de dollars, enregistrant une progression de 20,3 %, avec un déficit commercial africain chiffré à 56,48 milliards de dollars.

Cette poussée des exportations chinoises vers l'Afrique intervient dans un contexte international marqué par le durcissement des tensions commerciales entre Pékin et Washington. L'Afrique apparaît ainsi comme une destination stratégique pour les industriels chinois, qui y écoulent principalement des machines, des équipements industriels, des produits électroniques ainsi que des technologies liées à la transition énergétique. Dans le même temps, la hausse des importations chinoises en provenance du continent est largement attribuée à l'augmentation des prix du pétrole ainsi que de plusieurs minerais et métaux depuis le début de l'année.

L'impact du « zéro tarif »

Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique une exemption totale des droits de douane sur les produits importés de cinquante-trois pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Toutefois, les spécialistes estiment que cette décision n'a eu qu'un impact limité sur les chiffres du premier semestre, son entrée en vigueur étant relativement récente. D'autant que trente-trois pays africains bénéficiaient déjà, depuis décembre 2024, d'un accès sans droits de douane au marché chinois au titre du traitement préférentiel accordé aux pays les moins avancés. Par ailleurs, selon les données de l'UN Comtrade, près de 94,5 % des exportations africaines entraient déjà sur le marché chinois sans être soumises à des droits de douane.

Pour de nombreux économistes, ces préférences tarifaires ne suffiront cependant pas à rééquilibrer les échanges. Dans un récent rapport, la Banque africaine d'import-export souligne que le véritable défi réside dans le renforcement des capacités de production du continent. L'institution appelle les États africains à développer des chaînes de valeur régionales dans l'agro-industrie, la transformation des minerais et l'industrie légère, à moderniser les infrastructures logistiques, à rapprocher les sites industriels des ports et à améliorer les mécanismes de financement du commerce.

L'objectif est de permettre aux pays africains d'exporter davantage de produits transformés répondant aux attentes du marché chinois, plutôt que de rester essentiellement fournisseurs de matières premières. Si les échanges commerciaux sino-africains continuent d'atteindre des niveaux records, leur évolution future dépendra donc moins de la suppression des droits de douane que de la capacité du continent à accroître la valeur ajoutée de ses exportations et à renforcer sa compétitivité industrielle.

  


Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Une installation portuaire de Chine /DR