Commerce international : la RDC en est déjà à quatre cents normes nationales sans un cadre légal cohérentAprès la création par le ministre de l’Industrie (Ndlr : ministère de tutelle) d’une commission multisectorielle pour faire l’état des lieux de la métrologie et la normalisation en RDC ainsi que faire des suggestions, le grand défi qui se dessine pour la RDC est d’arriver à mettre en œuvre une pratique rationnelle des activités liées à cette matière. C’est un atout essentiel dans les objectifs d’intégration économique, de modernisation et d’émergence du pays, insiste l’Association pour la promotion de la métrologie et la normalisation en RDC (Apromen), un des acteurs de terrain qui multiplient les campagnes de sensibilisation et de lobbying à l’attention des dirigeants congolais. En effet, le constat est assez décevant. Au-delà de la législation encore lacunaire, le pays doit faire face à une pratique éparse et au faible développement des normes nationales, si l’on en juge en tout cas les nombreux besoins à combler. En plus de cette situation déplorable, il faut prendre en compte l’impact négatif de l’absence criante de statistiques officielles quant à l’implémentation des normes nationales. « L’ensemble du système normatif congolais souffre de l’absence de moyens matériels et financiers adéquats ainsi que des conflits de compétence », poursuit l’association. Et le déficit organisationnel actuel ne facilite pas l’intégration nationale, régionale et internationale du pays. Par conséquent, la RDC éprouve une difficulté réelle à exporter des matières premières à grande valeur ajoutée et, en retour, elle importe des produits de base en provenance des pays limitrophes, "dont une grande partie est anglophone avec des référentiels qualificatifs difficilement accessibles", renchérit l’Apromen. Cette dernière fait état également de la difficulté pour le pays à participer efficacement aux travaux d’harmonisation des normes dans les instances régionales, continentales et internationales compétentes. Enfin, martèle l'Apromen, les entreprises locales ne font pas le poids face à la concurrence étrangère, et risquent simplement de disparaître avec l’ouverture des nouvelles zones de libre-échange. Les efforts de conscientisation vont ainsi se poursuivre pour sensibiliser suffisamment les dirigeants politiques mais également le législateur et les opérateurs économiques de l’intérêt de prêter une meilleure attention aux questions relatives à cette matière. De même, l’Apromen compte sur les partenaires de la RDC dans le cadre de la coopération bi-multilatérale pour mettre en place les infrastructures de la métrologie et de la normalisation. Par ailleurs, il y a lieu de noter qu’une loi sur la métrologie et la normalisation en RDC se trouve actuellement sous examen au Parlement. Laurent Essolomwa |