Les Dépêches de Brazzaville



Conjoncture : la santé et l’éducation toujours en tête des préoccupations des Congolais


Entre 2017 et 2021, la proportion de la population RD-congolaise inquiète de l’évolution des secteurs stratégiques de la « santé » et de « l’éducation pour tous » est passé de 65 à 74 %, atteignant le pic de 77 % en 2019. En d’autres termes, la majorité des Congolais attend toujours des profonds changements dans ces deux secteurs vitaux de la vie nationale et tant d’autres d’ailleurs. En effet, les enquêteurs ont tablé sur au moins seize domaines en les classant comme « très importante », peu importante », « pas du tout importante » et « refus ».

Dans le top dix de l’étude de Target, les priorités des Congolais sont la santé et l’éducation pour tous (74 %), la fourniture d’eau et de l’électricité (72 %), la suffisance alimentaire (66 %), l’éradication de l’insécurité et des violences en RDC (66 %), l’obtention d’un emploi décent (64 %), la lutte contre la corruption (63 %), l’environnement et la salubrité publique (55 %), l’amélioration du pouvoir d’achat (53 %), la lutte contre les discriminations à l’égard des femmes et des minorités (49 %) et l’obtention d’un emploi décent (49 %). Pour Target, l’intérêt d’une telle étude est tout simplement de rappeler quelques principes de base de gouvernance. Toute action qui ne va pas dans le sens des attentes réelles de la population, même financée à coût de millions ou bénéficiant d’une large couverture médiatique, note Target, ne pourra que susciter un mécontentement au sein de la population et risquera d’accroître le fossé qui sépare de plus en plus les gouvernants et les gouvernés.

A 43 ans d’âge, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, ancien directeur général de la société publique Gécamines jusqu’à sa nomination en février 2021, est à la tête d’un gouvernement de cinquante-sept membres. Il a reçu la confiance de l’Assemblée nationale deux semaines après la publication de son gouvernement à la quasi-unanimité des parlementaires, soit quatre cent douze voix sur quatre cent douze députés présents lors de la présentation du programme et de l’investiture. Intitulé « Construire un État fort, prospère et solidaire entre 2021 et 2023», le programme de soixante-quatre pages s’articulant sur quinze piliers et trois cent quatre-trois actions comporte plusieurs mesures ambitieuses. Les priorités tournent autour de nombreux projets de modernisation d’infrastructures, de lancement d’une réforme de la fiscalité et d’une réforme du système de retraite. Toutefois, la marge financière réelle du nouveau gouvernement dans un contexte de crise sanitaire à covid-19 n’a pas manqué de susciter un grand débat. Le budget en cours est établi à 7,1 milliards de dollars.


Laurent Essolomwa