Disparition : Ange Édouard Poungui reposera pour l’éternité au village Nsatou Meya
Après l’admission au concours d’entrée en 6ᵉ et au concours de bourse de l’Etat en qualité d’interne, il a fait ses études secondaires au Collège Victor Augagneur de Pointe-Noire. Titulaire du Brevet d’études du premier cycle en 1960, Ange Édouard Poungui a fait la première partie du baccalauréat, série B, en 1963 et la seconde partie en 1964. Bénéficiaire la même année d’une bourse de l’Etat, accordée par le Fonds d’aide et de coopération, il est rentré à l’Ecole de droit du Centre d’enseignement supérieur de Brazzaville, où il a obtenu, en 1969, la licence en droit, ancien régime. Sur le plan professionnel, l’ancien Premier ministre a été avant tout formé à la profession bancaire. Il a, entre autres, servi à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), d’abord comme Fondé de pouvoir, puis directeur adjoint au directeur national et enfin Directeur général de la Banque commerciale congolaise (BCC) de 1979 à 1984. Ange Edouard Poungui a été titularisé en tant qu’administrateur des SAF en catégorie A1 à la Fonction publique et a également prêté serment en qualité d’avocat, sans pourtant exercé la profession. Au plan politique, Ange Édouard Poungui fut de 1963-1964, président de l'Association scolaire du Congo ; président de l'Union générale des élèves et étudiants congolais de 1967-1968. Membre du Conseil national de la révolution (CNR) le 5 août 1968, il y devient membre du directoire, secrétaire chargé des relations extérieures le 31 décembre de la même année. À l'issue du congrès constitutif du Parti congolais du travail (PCT) de décembre 1969, Ange Édouard Poungui est élu membre du bureau politique, membre titulaire du comité central, chargé des finances et matériels. Il intègre le bureau politique à l'issue du congrès extraordinaire de mars 1970, en qualité de chargé des finances et matériels pour redescendre au comité central en septembre 1976 avant de réintégrer le Bureau politique au congrès de 1984. « Un home modéré, sage et patriote » Nommé ministre des Finances et du Budget le 12 juin 1971, il assure cumulativement avec ces fonctions, celles de vice-président du Conseil d’État, avant d’être nommé Premier ministre, au lendemain du 3e congrès ordinaire du PCT de 1984. Des fonctions qu’il a exercées, à en croire le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, dans son oraison funèbre, avec « courage et loyauté sa mission jusqu’à ce que, au lendemain du congrès de 1989, il est nommé président du Conseil économique et social jusqu’au lendemain de la Conférence nationale souveraine. » Membre du Conseil supérieur de la République, Parlement de transition de 1991 à 1992, Ange Édouard Poungui est élu député à l’Assemblée nationale dans la circonscription de Madingou. Réélu député en 1993, il arrête de siéger en 1994 pour officier désormais comme Directeur national de la BEAC jusqu’en 1998 avant de s’installer en France. De retour au pays, il se présente aux élections locales en 2008 et sénatoriales. Il siège au Sénat de 2011 à 2023. « À l’instar de tous les hommes engagés dans la vie publique durant une période riche en mutations, Ange Édouard Poungui, connut les hauts et les bas, les épreuves et les choix parfois difficiles qu’impose l’histoire. Mais au-delà des conjonctures et des sensibilités, il demeurera profondément attaché à l’amour de son pays et à son unité », a témoigné le chef du gouvernement dans son éloge funèbre. Selon lui, assumant ses choix, Ange Édouard Poungui prit, au crépuscule de sa vie, trois décisions fortes, sans doute, les plus remarquables de sa vie politique et qui se présentent à la jeunesse comme un testament en trois legs. Anatole Collinet Makosso a cité le retour au pays en 2008 après son exil ; son retour à l’Union panafricaine pour la démocratie sociale en 2006, ainsi que son sens devoir d’autant plus qu’il fait partie des rares cadres politiques de l’opposition à participer en 2015, aux consultations relatives au changement de la constitution. « Modéré, sage et patriote, Ange Édouard Poungui a su dans sa vie, tirer les enseignements qu’il faut, pour privilégier l’harmonie sociale, la paix et le développement de la Nation. Car au-delà des clivages et des tumultes, il y avait chez lui une boussole inaltérable : l’amour inconditionnel de sa patrie et de son peuple. Aujourd’hui, la République ne pleure pas l’homme d’une tendance ou d’une époque : elle pleure l’un de ses fils les plus dévoués, un bâtisseur des ponts entre nos diversités », a souligné le Premier ministre. Parfait Wilfried Douniama Légendes et crédits photo :Ange Édouard Poungui |