Les Dépêches de Brazzaville



Disparition de Firmin Ayessa : Pierre Ngolo salue la mémoire d’un homme d’Etat « d’une dimension exceptionnelle »


Entre émotion personnelle et analyse politique, Pierre Ngolo revient sur le parcours d’un homme de conviction dont le vide se fera cruellement sentir à l’approche de l’échéance présidentielle. Pour le président du Sénat, la nouvelle de la mort de Firmin Ayessa est tombée comme une « véritable bombe ».

Au-delà du cadre institutionnel, c’est un homme qui pleure un ami intime. « C’était un parent », confie-t-il, évoquant une relation fusionnelle forgée dans les couloirs du Parti congolais du travail (PCT) et au sommet de l’État. Cette disparition est qualifiée de « désastre » tant pour lui que pour la famille politique qui perd l’un de ses cadres les plus brillants. « C’est dommage que le camarade Ayessa nous quitte dans les circonstances d’aujourd’hui, où toutes les forces sont mobilisées  pour l’élection présidentielle», a déploré Pierre Ngolo.

Il a également souligné son absence qui s’était déjà fait remarquer pendant le sixième congrès ordinaire. « Ces moments-là, on les organisait toujours ensemble. Et là, on se prépare pour l’élection présidentielle, mais le camarade Ayessa nous a quittés », a-t-il regretté.

Revenant sur les moments forts de leur collaboration, le président du Sénat a mis en lumière le rôle crucial de Firmin Ayessa lors du changement de la Constitution. Membre de ce que certains appelaient les « quatre états », aux côtés de Pierre Ngolo, Jean-Jacques Bouya et Gilbert Ondongo, le ministre Ayessa, a-t-il dit, avait prouvé sa force de caractère. « Dans cette circonstance difficile, il a prouvé qu'il était un monsieur qui avait du caractère et qui savait défendre ses idéaux », a rappelé Pierre Ngolo, soulignant sa rigueur intellectuelle et son refus d'aliéner ses convictions.

Le timing de cette disparition est d’autant plus douloureux qu’il intervient à la veille de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars. Pierre Ngolo ne cache pas son inquiétude quant au vide laissé sur le front de la mobilisation. « C'est le moment de la mobilisation de toutes les énergies, de toutes les forces, pour le soutien apporté à celui qu’il avait toujours servi royalement », a-t-il indiqué.

Firmin Ayessa, a ajouté le président de la chambre haute du Parlement, n'était pas seulement un stratège de bureau, mais aussi un « harangueur », un « brillant orateur », capable de porter la voix du candidat Denis Sassou N'Guesso avec une loyauté absolue. Un homme qui, malgré les pesanteurs sociales et les pressions, est resté fidèle à ses principes et à son engagement aux côtés du chef de l'État. « Il nous quitte au moment où l'on avait davantage besoin de lui pour passer le message. On comptait énormément sur lui, sur son apport. On est malheureux. Je suis malheureux », a-t-il conclu.

 


Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

Pierre Ngolo et Firmin Ayessa lors d'un événement politique /DR