Les Dépêches de Brazzaville



Disparition : dernier hommage de la nation à Saturnin Okabé


Le chef de l’Etat s’est incliné devant la dépouille de l’illustre disparu avant de consoler la famille éplorée et le départ du cortège funèbre pour le cimetière du centre-ville où Saturnin Okabé reposera pour l’éternité.  Né en 1937 à Ifoundaka, dans le district de Makoua, département de la Cuvette, Saturnin Okabé s’est engagé très tôt sur le chemin du savoir qui le mène des années plus tard à l'Ecole des douanes de Neuilly-sur-Seine, en France, où il obtient brillamment le diplôme de fin de parcours.

 Premier directeur général des douanes congolaises, il a dirigé la société Hydro-Congo. Ministre des Finances et du Budget de 1973 à 1976, Saturnin Okabé a également occupé les fonctions de ministre du Commerce, de l'Industrie et du Tourisme de 1976 à 1977.

Le ministre d'État, directeur de cabinet du chef de l'État, Florent Ntsiba, s’est interrogé, dans son éloge funèbre, sur les diverses explications qui accompagnent un mort. « Sa Majesté la mort, quel regard pose-t-elle sur nous ? Ni regard ni égard. Quel visage nous fait-elle ? Elle ne fait pas les visages, elle les défait. Nous parlons d'elle à voix basse de peur qu'elle ne nous entende. Le jeune se réjouit de la mort du vieux et vice-versa, le pauvre de la mort du riche et le riche estime consolation celle du pauvre. Chacun comprend et explique la mort de l'autre. Si le puissant meurt, on dit que c'est le souci, si c'est le prince, on pense au poison, si c'est le savant, c'est qu'il travaillait trop du cerveau. Le magistrat, il meurt de trop d'affaires. L’étudiant, il aurait dû vivre un peu plus et étudier un peu moins. Le soldat, c’était joué d’avance. L’homme en bonne santé se fiait trop à sa nature, le maladif, s'était dit. Ainsi, chacun pense vivre ce que les autres laissent », a-t-il indiqué, selon son style. 

Ancien président et secrétaire général du Rassemblement pour la démocratie et le développement, Saturnin Okabé a été un grand serviteur de la nation. « Par ses idéaux fédérateurs, Saturnin Okabé s’était inscrit dans l'exercice d'une opposition expurgée de toute méchanceté, de toute violence, de toute animosité, au nom de l'intérêt supérieur de la nation et au-dessus de toutes autres considérations contraires. Devant les rebords de l’excès et des extraits, il savait sublimer le courage, le sens de la responsabilité et du devoir pour exorciser les démons destructeurs de la division et de l’intolérance », a souligné Florent Ntsiba dans l’oraison funèbre.


Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

1-Le chef de l'Etat s'incliné devant la dépouille mortelle / DR 2- Le cercueil contenant le corps sans vie de Saturnin Okabé /DR