Les Dépêches de Brazzaville



Disparition : la République reconnaissante rend un dernier hommage à Firmin Ayessa


Un des éminents serviteurs du pays, le ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, Firmin Ayessa, décédé le 17 février à Istanbul, en Turquie, a été porté en terre le 24 février à Ondza, son village natal, situé à quelques encablures de Makoua. Accompagné de son épouse, le chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, a déposé une gerbe de fleurs au pied du cercueil contenant le corps sans vie de l’illustre disparu avant de se recueillir devant sa mémoire et réconforter la famille éplorée.

Le président de la République a également visité l’exposition photo organisée en hommage à Firmin Ayessa, l’un de ses fidèles dont la page vient de se tourner, même si sa mémoire reste toujours vivace. « Très cher Firmin, tu as magnifié la foi et le courage, tu as sublimé la fidélité que tu n’as cessé de nouveau, tu as exalté ton exemplaire loyauté. Comment pourrai-je l’oublier, comment pourrai-je t’oublier ?  Repose en paix et que la terre du Congo, notre bien commun que tu as tant aimé, te soit légère ! », a écrit Denis Sassou N’Guesso dans le livre de condoléances.

Le représentant personnel du président de la République, Gilbert Ondongo, dans son oraison funèbre, a rappelé la vie et l’œuvre de Firmin Ayessa, de sa naissance à Ondza à sa vie professionnelle, son parcours politique et d’homme d’Etat. Une vie riche en expérience et pleine d’enseignements, a résumé celui qui a eu des entretiens, des échanges et des confidences avec l’illustre disparu jusqu’aux derniers instants de sa vie. 

 « Le fin stratège Firmin Ayessa a été de toutes les batailles politiques du président de la République, qu’elles soient nationales ou internationales. Le ministre d’Etat, directeur de cabinet du président de la République, avait toujours un rôle à jouer. Ce rôle pouvait être public comme celui de directeur national de la campagne du candidat Denis Sassou N’Guesso à l’élection présidentielle de 2009 et à celle de 2016. Son rôle pouvait être aussi joué dans l’ombre, comme c’était le cas en 2015 au moment où, suivant le bon sens, il avait fallu proposer au peuple congolais le changement de Constitution », a déclaré Gilbert Ondongo.

Ils ont témoigné

Selon lui, en sa qualité de ministre d’Etat, directeur de cabinet du président de la République, Firmin Ayessa recevait et parlait avec  tous les opposants au pouvoir et s’acquittait totalement du respect de ses interlocuteurs de l’opposition. C’était son rôle dans l’ombre.

Présidente du Mouvement pour l'unité, la solidarité et le travail, un parti de l’opposition, Claudine Munari, elle aussi, a loué les qualités de l’illustre disparu. « Nous pleurons Firmin Ayessa, nous sommes nombreux à le pleurer parce que c’était un homme bon. Un bon compatriote, toujours jovial, toujours disposé à avancer avec les autres. Et pourtant, nous ne sommes pas du même bord (lui et moi), mais nous avions une très belle amitié, c’était quelqu’un de bien et nous le pleurons aujourd’hui », a reconnu la députée de Mouyondzi.

Député de la circonscription électorale unique d’Ongogni, dans le département de la Nkéni-Alima, Yves Fortuné Moundelé-Ngollo Ehourossia déplore la disparition de cette icône de la vie politique nationale. « Je perds un papa, un monsieur très bienveillant, toujours disposé à écouter, à conseiller, à accompagner les plus jeunes. Nous sommes très attristés et l’hommage qui vient de lui être rendu à la fois par l’oraison funèbre lue par le ministre d’Etat, Gilbert Ondongo, mais également par le mot du président, nous a plongés encore dans une tristesse. Mais, que voulez-vous ? Ainsi va la vie, il va falloir continuer, il va falloir vivre cette élection sans lui, il va falloir  apprendre à vivre sans lui », a-t-il regretté.

L’ambassadeur de Turquie au Congo, Hilmi Ege Türemen, a réitéré les condoléances de son pays à la partie congolaise. « Au nom de mon pays, celui de mon président de la République de Turquie qui, d’ailleurs, a envoyé un message de condoléances à son homologue congolais par voie diplomatique, nous exprimons nos condoléances les plus sincères... En tout cas, avec le défunt, nous avons eu de très bonnes relations, des relations professionnelles ainsi que des relations qui unissent nos deux pays. Avec sa disparition, c’est quelque chose qui touche la Turquie mais aussi le Congo », a-t-il laissé entendre.   

 Marié et père de famille, Firmin Ayessa a eu un parcours exemplaire qui lui a valu les distinctions honorifiques de Grand Officier de l’ordre national du Mérite congolais et de Commandeur de l’Ordre national de la paix.

 


Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

1- Denis Sassou N'Guesso déposant la gerbe de fleurs / DR 2- Une vue des corps constitués nationaux / DR 3- Le chef de l'Etat signant le livre de condoléances /DR