Les Dépêches de Brazzaville



Egalité des sexes : la Zlécaf, un levier pour l’automatisation des femmes


Les Dépêches de Brazzaville : Les femmes africaines font face à de nombreux défis, comment la Zlecaf peut-être atout pour elles ? 

Michesie Adzeu : L’approche de la ZLECAf étant inclusive, elle ne laisse personne de côté, notamment les jeunes, les femmes, les entreprises appartenant et dirigées par les femmes et les commerçantes transfrontalières informelles encouragées à migrer vers la formalité afin de mieux intégrer le marché commun.

Les femmes africaines continuent de faire face à de nombreux défis, notamment l’accès au financement, la violence et toutes formes de discrimination. Aujourd’hui, les entreprises dirigées par des femmes représentent 60 % du PIB du continent.  Les femmes produisent 50 % de la nourriture que nous consommons et elles assurent 70 à 80 % du commerce informel transfrontalier en Afrique.

LDB : Comment renforcer, selon vous, la participation des femmes dans les échanges commerciaux à l’échelle du continent ?

M.A : Consciente des aspirations des femmes, la ZLECAf a adopté en septembre 2024 un instrument juridique historique : le Protocole sur les femmes et les jeunes dans le commerce, visant à renforcer leur participation, à garantir leurs droits dans le cadre des échanges commerciaux à l’échelle du continent et à favoriser un régime simplifié du commerce.

Selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la ZLECAf pourrait contribuer à augmenter de 40 % les revenus des femmes africaines, ce qui apparaît comme un véritable levier d’autonomisation des femmes.

A travers ce nouveau protocole, l’objectif est d’amener les États membres à mettre en œuvre des actions concrètes et tangibles pour créer un environnement commercial favorable et lever les obstacles qui empêchent les femmes de saisir pleinement les opportunités offertes par ce marché continental afin de libérer le potentiel qu’elles disposent.

LDB : Comment faire pour assurer le succès de ces décisions ?

M.A : Pour garantir le succès de toutes ces initiatives, la ZLECAf a renforcé ses mécanismes de suivi et d’évaluation visant à mesurer les progrès réalisés en matière d’intégration des femmes dans le commerce. Cela s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les inégalités sociales et économiques. On peut résolument dire que la ZLECAf est un véritable levier de l’autonomisation des femmes, indissociable de la lutte contre l’égalité des sexes.

En ce qui concerne la République du Congo, des politiques nationales, des dispositifs et programmes sensibles au genre doivent constituer des leviers pour renforcer la reconnaissance et la protection des droits des femmes dans leurs activités. 

La loi Mouebara, par exemple, doit continuer à jouer un rôle central dans cette dynamique afin de bâtir l’Afrique que nous voulons, car la ZLECAf prône une Afrique pour laquelle le développement est axé sur la population et en particulier sur les femmes et les jeunes, pour le bien être des générations futures.

 

 


Propos recueillis par Guy-Gervais Kitina

Légendes et crédits photo : 

Michesie Adzeu/ DR