Les Dépêches de Brazzaville



Enseignement supérieur: le Pr Brice-Arsène Mankou décroche une chaire de mobilité francophone à l’Université d’Ottawa


Pr Brice-Arsène MankouLe CVPT et l’Iarpa se sont montrés fiers d’accueillir le Pr Brice-Arsène Mankou en charge d’animer une série de conférences. Parmi elles, celle portant sur le thème des « Diasporas africaines et les modèles de socio financements viables liés aux migrations de devises », programmée le 17 février de 10h30 à 11h 30. Par la suite, celle du 24 février, de 13 h à 14 h 30 sur le thème « La Jeunesse francophone et migration : défis et enjeux en Afrique à l’ère du numérique ». Le 26 février, à l’Université Saint Paul, la conférence portera sur le thème  « L’Afrique francophone en contexte poly crises ».

Il se penchera, à travers ces rencontres universitaires, sur les conséquences humaines et économiques des migrations, notamment les routes maritimes périlleuses qui transforment la Méditerranée en espace de tragédies récurrentes. L’occasion lui sera donnée de s’interroger sur l’impact de ces mobilités sur le développement socio-économique africain, entre pertes humaines, transferts financiers et reconfigurations des solidarités familiales.

Il sera également question d’évoquer la problématique concernant la diaspora africaine qui est, certes, dynamique en matière d’envois des flux financiers appelés migra-devises, mais parfois désorganisée en matière de gestion de projets du développement local à travers une intelligence collective des Afro-descendants.

À ce propos, selon un rapport de la Banque mondiale, pour la seule année 2022, les transferts des migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont atteint 95,6 milliards de dollars, soit 2,2% d’aide publique au développement, et 3,5% du produit intérieur brut pour certains pays. Dès lors, on peut légitimement se poser les questions suivantes : à quoi servent ces migra-devises, et quels en sont les modèles de socio financements susceptibles d’assurer le développement local et intégral du continent ?

Aujourd’hui, la problématique du socio financement ou « crowdfunding » se définit comme un mécanisme de financement participatif qui repose sur la mobilisation d’un grand nombre de contributeurs via des plateformes numériques (Belleflamme et al., 2014 ; Mollick, 2014). Or, ces modèles de socio financements sont une faiblesse pour les diasporas africaines qui ne parviennent pas à lever des fonds pour le développement communautaire et local. Pourtant, les pratiques tontinières, comme les réseaux de cotisation solidaire, permettent à leurs membres d’épargner à travers la tontine de groupement, tontine auprès d’une gérante, et la tontine cérémonielle (Semin, 2011).

À l’ère du numérique, des réseaux sociaux, voire de l’intelligence artificielle, comment réinventer cette intelligence collective entrepreneuriale au service, non plus des familles restées dans les pays d’origine, mais du développement socioéconomique de nos États ?

Soulignons que les chaires de recherche sur le monde francophone sont des chaires de mobilité dont l’objectif consiste à appuyer la venue de chercheuses et de chercheurs internationaux souhaitant effectuer un séjour de recherche sur le campus de l’Université d’Ottawa, ouverte sur le monde.Equipe du Collège des chaires de recherche sur le monde francophone

Ainsi, le professeur titulaire de chaire de mobilité francophone devrait : poursuivre et approfondir la tradition d’excellence de l’Université d’Ottawa en recherche sur la francophonie, qu’elle soit ontarienne, canadienne ou internationale, et sur les réalités du monde francophone ; faire rayonner les travaux de recherche sur la francophonie en lien avec les axes prioritaires de développement de la recherche de l’Université d’Ottawa ; promouvoir l’interdisciplinarité en matière de recherche sur la francophonie et sur les réalités du monde francophone ; favoriser l’éclosion et l’inclusion de nouvelles chercheuses et de nouveaux chercheurs sur la francophonie d’ici et d’ailleurs, et ce, à tous les niveaux (Etudiantes et étudiants à la maîtrise, au doctorat ou au post doctorat, stagiaires, chercheuses, chercheurs et membres du corps professoral) ; assurer la visibilité interne et externe des activités et des travaux de recherche des chaires de recherche sur le monde francophone, notamment par des efforts de mobilisation des connaissances, en travaillant en étroite collaboration avec le Collège des chaires de recherche sur le monde francophone.

 


Marie Alfred Ngoma

Légendes et crédits photo : 

1- Pr Brice-Arsène Mankou / DR 2- L'équipe du Collège des chaires de recherche sur le monde francophone / DR