Les Dépêches de Brazzaville



Environnement: la FAO et le Congo renforcent la surveillance des tourbières


L’atelier rassemble des participants venus de plusieurs pays et se tiendra jusqu'au 12 juin et marque le passage à l'opérationnalisation concrète des systèmes de mesure sur le terrain après la phase théorique initiée en février 2025. Il réunit des experts de la République du Congo, de la République démocratique du Congo, du Gabon et d’autres spécialistes internationaux sous l'égide de la Global Forest Observations Initiative. L'objectif est de sécuriser la biodiversité, les réserves en eau et les immenses stocks de carbone de ces zones humides, reconnues comme des plus importants réservoirs de carbone tropical au monde. Le projet bénéficie de l'appui financier du gouvernement de la République fédérale d'Allemagne, à travers l'Initiative internationale pour le climat  et de l'accompagnement technique du Pnud.

La représentante de la FAO en République du Congo, Ricarda Mondry, a rappelé l'importance stratégique de cette ressource ainsi que les exigences de transparence internationale.« Les tourbières du bassin du Congo constituent l'un des patrimoines naturels les plus importants de la planète. Alors que le pays travaille à l'amélioration de l'inventaire de gaz à effet de serre et au renforcement de leur système de mesure, de rapportage et de vérification, la disponibilité de données fiables est plus importante que jamais», a-t-elle indiqué.

Au cours de cette formation, les participants apprendront à combiner les données satellitaires et les mesures in situ. Les travaux intègrent des exercices pratiques sur les plateformes de télédétection Sepal et Google Earth Engine, ainsi qu’une visite de terrain pour évaluer les applications développées depuis le lancement du projet en juin 2022.

S'exprimant au nom de la ministre de l'Environnement, le directeur de l'Ecologie et des Ressources naturelles, Narcisse Ofoulou, a souligné la finalité stratégique des compétences qui seront acquises au cours de la semaine. « Cet atelier constitue une deuxième phase plus avancée et opérationnelle. Il vise à renforcer les capacités techniques et institutionnelles nationales pour opérationnaliser les systèmes de surveillance des tourbières à travers l'intégration des données du terrain, des outils de télédétection et des mécanismes de rapportage climatique. Il a l'ambition également de rapprocher les systèmes de suivi des opportunités de prise de décisions stratégiques et de financement climatique», a-t-il expliqué.

Ces nouvelles compétences en cartographie permettront au Congo de valoriser ses données environnementales. Elles serviront à enrichir les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, à consolider les contributions déterminées au niveau national et à optimiser les mécanismes Redd+, ouvrant la voie à l'accès aux marchés volontaires du carbone et à de nouvelles opportunités de financement climatique basées sur les résultats.


Rude Ngoma

Légendes et crédits photo : 

Les participants à l'atelier/Adiac