Épidémie d’Ebola : quatre chefs d’État africains appellent à accélérer les financements de la riposteLes présidents de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Antoine Tshisekedi; de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra; du Burundi, Évariste Ndayishimiye; et de l’Ouganda, Yoweri Museveni; ainsi que le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, plaident pour une réponse plus rapide et mieux coordonnée face à l’épidémie d’Ebola. Ils dressent le constat d’un décalage entre les annonces de financements et les ressources effectivement disponibles sur le terrain. Selon les signataires de la lettre ouverte, les bailleurs internationaux ont promis près de 1,2 milliard de dollars pour soutenir la riposte contre Ebola en RDC et en Ouganda. À ce jour, environ 816 millions de dollars auraient effectivement été décaissés. Une situation qui, estiment-ils, appelle à une accélération des procédures afin que les ressources annoncées parviennent rapidement aux équipes engagées dans la lutte contre la maladie. Les conséquences de ces retards se font sentir directement dans les zones touchées. Des communautés restent privées de certains traitements, tandis que des équipes de surveillance éprouvent des difficultés à atteindre la population exposée. Hormis les décaissements accélérés, les signataires insistent sur la nécessité d’assurer une traçabilité complète des financements. Ils souhaitent notamment pouvoir identifier l’origine et la destination des ressources, leur date d’arrivée, les interventions auxquelles elles sont affectées ainsi que les résultats obtenus. Cette exigence doit permettre aux gouvernements de disposer d’une vision globale des ressources mobilisées et de leur utilisation. La réponse à l’épidémie doit également dépasser les frontières nationales. Les quatre chefs d’État et le directeur général d’Africa CDC demandent que les financements prennent en compte à la fois les plans nationaux de riposte et les mécanismes de coordination régionale. La surveillance transfrontalière, le renforcement des capacités des laboratoires et le déploiement d’équipes d’urgence figurent parmi les priorités évoquées. Cette approche se justifie par la mobilité de la population entre les pays de la région. Les dispositifs nationaux, à eux seuls, ne permettent pas toujours de suivre les mouvements de personnes et de prévenir efficacement la propagation du virus au-delà des frontières. D’où l’importance, selon les signataires, d’une coopération renforcée entre les États concernés. La stratégie proposée repose ainsi sur une répartition des responsabilités entre les pays qui conduisent la riposte, l’Africa CDC qui assure la coordination et les partenaires censés apporter leur soutien. Déclarée le 15 mai et désormais étendue à six provinces de la RDC, l’épidémie d’Ebola a déjà causé plus de 2 500 décès dans le pays, selon les éléments fournis. En trois mois, elle aurait ainsi dépassé le bilan de l’épidémie de 2018-2020, considérée jusque-là comme la plus meurtrière de l’histoire de la RDC. L’appel des dirigeants africains se veut un plaidoyer pour une mobilisation financière plus rapide, plus transparente et davantage alignée sur les besoins du terrain.
Fiacre Kombo |