Gouvernance : promouvoir l’intégrité dans la lutte contre la corruption
Selon lui, la corruption n'épargne personne mais elle frappe durement les plus vulnérables. « La corruption n'est pas une abstraction lointaine réservée au grand dossier que l'on évoque dans les médias. Elle se vit au quotidien, dans le bureau où l'on vous exige les pots de vin pour accélérer la procédure sur l'avancement d'un dossier. Dans les marchés publics attribués dans l'opacité, dans la salle de classe où une note s'achète, dans le service de santé où l'accès aux soins dépend de ce que l'on peut payer en plus », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Chaque acte de corruption, aussi petit paraît-il, affaiblit notre État, détourne des ressources qui devraient servir pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes, et creuse davantage les inégalités entre nos concitoyens ». Emmanuel Ollita Ondongo a salué la détermination affichée au plus niveau dans le but d’intensifier la lutte contre ce fléau. Il a ainsi évoqué la nécessité de mettre en œuvre la digitalisation des services publics qui demeure l'un des leviers les plus efficaces pour réduire les contacts directs propices aux pratiques de corruption et garantir davantage de traçabilité dans les administrations Aussi, la transparence est de mise dans la gestion des marchés publics et des finances de l'État, avec une exigence accrue de redevabilité de la part de tous les gestionnaires des deniers publics ; tout comme la protection effective des lanceurs d'alerte. « Car ceux qui ont le courage de dénoncer les pratiques répréhensibles doivent être protégés et non sanctionnés », a indiqué le président de la Halc. Il a appelé au renforcement de l'éducation à l'intégrité dès le plus jeune âge dans les écoles afin de former une génération qui rejette naturellement la corruption comme mode de fonctionnement. Dans le cadre de cette lutte et pour faire de l'intégrité un principe cardinal de l'action publique, la Halc, avec le soutien du Fonds monétaire international, va reprendre dans les prochains jours l’opération de déclaration des conflits d’intérêts. Mobilisation « Aucune loi, aucune institution, aussi solide soit-elle, ne pourra à elle seule venir à bout de la corruption sans l'adhésion et l'engagement de chaque citoyen. Je vous invite donc à votre niveau, là où vous êtes, à refuser de payer ou de proposer un pot de vin même lorsque cela semble être la solution la plus rapide, à dénoncer les pratiques de corruption dont vous êtes témoins à travers le 1023, à exiger la transparence dans la gestion des affaires publiques de votre commune, de votre quartier, de votre établissement scolaire » a exhorté Emmanuel Ollita Ondongo. Il a demandé à faire de l'intégrité une exigence partagée et de la lutte contre la corruption une cause nationale Dans cette dynamique, le programme de la Halc prévoit une conférence anticorruption et la mise en place des clubs d’intégrité du 21 au 24 juillet à Ouesso, dans le département de la Sangha. L’initiative va sans nul doute s’étendre sur les autres départements du pays.
Rominique Makaya Légendes et crédits photo :Emmanuel Ollita Ondongo faisant sa déclaration / Adiac |