Gouvernance publique : l’endettement, un levier pour investir et créer de la richesse
En effet, a-t-il renchéri, l’endettement n’est pas tout à fait mauvais. Car, une dette qui finance une infrastructure productive, énergétique ou logistique capable de générer de revenus futurs, est considérée très différemment d’une dette qui finance essentiellement des dépenses sans création de valeurs. Ainsi, selon lui, une question essentielle se pose : le Congo doit-il encore s’endetter pour se développer ? Si le pays a besoin d’investissements importants pour développer son industrie, ses infrastructures, son énergie et sa transformation locale, il doit toujours chercher où trouver les capitaux, a-t-il renchéri. A cet effet, a dit l’orateur, l'on peut trouver les capitaux par les ressources publiques, les investissements privés, les partenariats public-privé, les investissements étrangers, les emprunts, les obligations et les valorisations. C’est ainsi qu'il a déclaré qu’on ne peut pas industrialiser sans investir. Firmin Kitsoro Kinzounza a insisté sur le fait qu' il faut s’endetter pour financer la création des usines, la construction des routes, des zones économiques spéciales, etc. En réalité, a indiqué le conférencier, la thématique principale amène à se poser également la question suivante : comment le Congo peut utiliser l’argent des autres pour créer sa propre richesse, sans hypothéquer l’avenir de sa progéniture ? Ce questionnement conduit au désendettement par la richesse et non par l’austérité, parce qu’aucun pays ne s’est industrialisé sans emprunter, puisqu’un Etat ne peut avoir autant de fonds propres pour les financements publics. Une dette est bonne quand elle se rembourse elle-même grâce à la richesse qu’elle crée. Il s’agit de signer un pacte : une dette oui, mais uniquement pour produire de la richesse nationale, a expliqué Firmin Kitsoro Kinzounza. En ce qui concerne le Congo, l’orateur a indiqué qu’il a des défis majeurs à relever, à savoir une dette élevée et une industrialisation débutante. Pour relever ces défis, le Congo doit activer quatre leviers d’optimisation de la dette, notamment cibler les secteurs productifs ; négocier pour la restructuration de la dette ; utiliser les partenariats public-privé; et mettre des garde-fous (L’argent emprunté doit aller dans un compte dédié aux projets avec le suivi et la transparence).
Roger Ngombé Légendes et crédits photo :Une vue de la tribune / Adiac |