Les Dépêches de Brazzaville



Le Congo au féminin : cinq ans d’audace et d’impact célébrés à Brazzaville


Pour la promotrice Emilia Mambissa, la cinquième étape du salon Le Congo au féminin a marqué un tournant. « C’est cinq ans d’impact dans la vie des gens. Une semence a été enracinée et elle a grandi dans l’esprit et les projets de ces femmes », a-t-elle confié avec émotion. « Arriver à cette cinquième année et voir plus de 350 participantes restés du matin au soir, repartir motivées et outillées, prouve que Le Congo au féminin répond à un besoin réel : celui de gagner en confiance, en audace et en compétences », a-t-elle ajouté.

Des panels riches, ancrés dans le concret du terrain

Le programme, dense et minutieusement préparé, a offert aux participantes une immersion dans les compétences essentielles à leur épanouissement professionnel. Pour Emilia Mambissa, le choix des expertes n’a rien laissé au hasard. « Elles ont partagé leur histoire, leur processus, leur légitimité, dans des secteurs variés. On ne peut plus dire qu’il n’y a pas de modèles au Congo : elles sont là », a-t-elle souligné.

Des thématiques très pratiques ont jalonné les deux journées de l’événement, à savoir construire son plan de carrière avec Lydène Kombo, convaincre lors d’un entretien d’embauche avec Stéphanie Stevens, maîtriser son pitch grâce à Daisy Portella, comprendre les bases du financement avec Annoncia Badiabio, gérer son commerce comme une entreprise avec Ika De Jong, ou encore innover grâce au digital et à l’intelligence artificielle sous la houlette d’Emilia elle-même.

Le second jour a été marqué par des échanges intenses sur le leadership, la résilience, l’employabilité, la légalité entrepreneuriale, la santé mentale et un dernier panel très attendu : « La femme est-elle l’ennemie de la femme ? ». Une participante résume : « L’adversité n’a pas de genre. Ce sont nos peurs et nos insécurités en tant qu’humain qui créent des rivalités, pas notre féminité ».

La grande innovation 2026 : l’intégration d’un interprète en langue des signes, permettant aux femmes sourdes d’assister aux panels. Une avancée saluée comme un acte fort d’inclusion.

Une clôture chaleureuse : prix, tombola et gâteau des cinq ans

L’ambiance de la fin d’après-midi du 28 février relevait de la célébration collective. La tombola a distribué une pluie de lots tels que des t-shirts, tote bags, livres, tablettes numériques, massages, expériences bien-être, shooting photo, coffrets chocolat,  suscitant cris de joie et rires complices.

L’un des moments le plus symbolique a été sans doute la remise des distinctions. Miss Anna et maman Viviane Koubaka ont reçu le trophée Mwassi ya lokumu. Séraphine Ekoa, entrepreneure, a été sacrée Femme inspirante, une nouvelle qui l’a touchée depuis son déplacement sur les routes du Cameroun.

Puis, dans une ambiance emplie d’émotions, un gâteau d’anniversaire a été partagé pour célébrer les cinq ans du salon : une demi-décennie d’engagement, de défis relevés et de transformation collective.

Ce qu’ont pensé les participantes de la 5e édition du Congo au féminin

Ika De Jong, invité d’honneur et panéliste, salue « la force d’un événement capable de valoriser des femmes souvent oubliées, comme les mamans des marchés ». Elle encourage : « Croyez en vous et ne laissez personne vous dire que vous n’êtes pas capables ».

L’une des mamans des marchés, Viviane Koubaka, rayonnait avec son prix. « Convaincre les mamans de quitter leur commerce n’était pas facile. Mais elles ont appris comment gérer, économiser, se développer. Je remercie Mme Emilia : elle n’a exclu personne », a-t-elle confié.

Pour Bienvenue Amboa, étudiante en 6e année de médecine, cette première participation a été une révélation. « Je rentre avec de la gratitude. Je ne savais pas que les femmes pouvaient se réunir ainsi pour s’entraider », s'est-elle réjouie.

Du côté des exposantes, l’institut Body Care reconnaît avoir vécu « une participation exceptionnelle, meilleure que dans d’autres salons ». Preuve que Le Congo au féminin devient une plateforme incontournable pour les jeunes entrepreneures et les structures dédiées au bien-être.

Avec une édition marquée par l’inclusion, la qualité du contenu et l’énergie contagieuse des participantes, Le Congo au féminin s’impose plus que jamais comme un moteur de transformation sociale. Rendez-vous est déjà pris pour mars 2027.


Merveille Jessica Atipo

Légendes et crédits photo : 

1- Emilia Mambissa, promotrice du salon Le Congo au féminin, animant un atelier /DR 2- Quelques moments forts de la 2e et dernière journée de la 5e édition du salon /DR 3- Une vue des stands d’exposition /Adiac