Littérature mémorielle : ''Le chant de l’outre-tombe'', poèmes pour un serviteur de l’Afrique
«Le chant de l’outre-tombe», c’est aussi un message éternel pour ses petits-fils. Au-delà de la stature publique, le recueil dévoile l’intimité d’un grand-père protecteur. Dans un testament poétique au style hugolien, Firmin Ayessa s’adresse à ses petits-fils, les exhorte à la quête du savoir tout en préservant leur pureté : « Travaillez ! Cherchez l’être au fond de la poussière, / Devenez des sommets, des cœurs de diamant ; / Mais gardez, au milieu de votre vie entière, / Le regard de l’enfant, ce divin firmament. » Ce recueil s’ouvre par la préface intitulée «Le souffle du destin et la loi du cœur ». Le destin d’un homme n’est parfois qu’un météore qui traverse la nuit sans laisser de trace; mais il est des vies qui, comme celle de Firmin Ayessa, ressemblent aux grands fleuves: elles naissent dans le secret d’une source lointaine, irriguent les plaines de la patrie et finissent par se jeter dans l’immensité de l’éternité, ayant changé le paysage, écrit le préfacier Ramsès Bongolo. Avant d’ajouter: « Ce florilège est l’écho d’une vie consacrée au Congo. On y entend le bruissement des dossiers du cabinet, le tumulte des réformes de la Fonction publique, mais surtout le battement d’un cœur resté simple malgré la pourpre des honneurs. Firmin Ayessa n’était pas seulement un ministre; il était une sentinelle... Firmin Ayessa s’en est allé, mais le soleil africain qui illuminait chacun de ses pas a photographié ses actions et enregistré ses paroles. Ce soleil bienfaisant qui éclaire le Congo ne s’est pas arrêté là; il a sondé son cœur et pesé son âme sur la balance de la justice, pour prêter des mots à un échantillon de la société des gens de lettres, des chevaliers de la plume, cet instrument grâce auquel Firmin Ayessa, grand journaliste, a forgé son destin. Ce recueil est le verdict du soleil », conclut le préfacier. Un recueil qui retrace l’itinéraire d’un serviteur infatigable Peut-on mesurer l’ombre d’un okoumé à la seule hauteur de ses branches ? Pour les auteurs de cette œuvre collective, la réponse réside dans la profondeur de ses racines. De la terre rouge de Makoua à l'or des palais de la République, ce recueil retrace donc l’itinéraire d’un serviteur infatigable dont la vie fut un poème de rigueur et de tendresse. À travers ces pages, le souffle hugolien ressuscite la figure du militant au verbe d’acier, du diplomate aux mains de paix et du ministre d’État dont la loyauté fut le roc indéfectible du pouvoir. Mais au-delà de l’homme public, ces vers dévoilent l’intimité d’un père protecteur et d’un pilier familial pour qui la proximité avec les siens était la plus haute des fonctions. «Le chant de l’outre-tombe» n’est pas seulement un hommage funèbre ; c’est le portrait d’une conscience. C’est le récit d’un homme qui a su traverser les tempêtes de l’histoire sans jamais perdre la boussole de l’honneur ni la chaleur du foyer. Alors que le Congo pleure l’un de ses fils les plus illustres, ce livre vient graver dans le marbre de la poésie ce que le temps ne pourra effacer : l’exemple d’une vie consacrée au bien commun et à l’amour des siens. Le corps s’efface, mais le sillage demeure. «Le chant de l’outre-tombe» est l’écho versifié d’une fidélité indéfectible envers un frère, un camarade que Firmin Ayessa a librement choisi de servir. L’ouvrage qui est une pièce majeure de la littérature mémorielle congolaise est déjà disponible. Bruno Zéphirin Okokana Légendes et crédits photo :La couverture du livre/ DR |