Les Dépêches de Brazzaville



Lutte contre la désertification : la ministre Arlette Soudan Nonault insiste sur l’application de l’arsenal juridique congolais


« Respecter notre terre, c'est faire appliquer rigoureusement notre arsenal juridique. La loi n°33-2023 du 17 novembre oblige chaque acteur industriel, agricole ou minier à anticiper les titres exploités. Respecter le sol, c'est aussi respecter le travail de nos petits exploitants et éleveurs en leur apportant des techniques agroforestières capables de protéger les sols contre les érosions spectaculaires qui ménagent nos villes et nos campagnes », a signifié la ministre Arlette Soudan Nonault.

En effet, combattre la désertification génère de multiples bénéfices localement et permet d'atténuer la perte de biodiversité ainsi que le réchauffement planétaire induit par l'homme.

Depuis plusieurs années, le Congo s'est engagé fermement dans la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification. Le pays a défini des cibles nationales claires de neutralité en matière de dégradation des terres. « Notre objectif est de stabiliser et d'inverser la tendance à la perte de fertilité d'ici à 2030. Reconnaître notre réalité, c'est aussi suivre les indicateurs de notre récente troisième contribution déterminée au niveau national qui met en évidence la hausse des émissions de gaz à effet de serre dues à la conversion et à l'usage non durable de nos terres », a indiqué la ministre Arlette Soudan Nonault.

Le Congo dispose d'un immense trésor, dix millions d'hectares de terres arables. Par contre, la dégradation des terres dans ce pays menace la souveraineté alimentaire.

« La désertification évoque l'avancée inexorable du sable, mais en République du Congo, au sein de nos 342 000 km2 de territoire, notre désert commence par l'érosion hydrique de nos sols fragiles, par les ravages du charbon de bois, par les pressions de l'exploitation minière et forestière et par le glissement progressif de nos savanes et plateaux, de la Bouenza ou du Niari vers une baisse critique de productivité », a commenté la ministre de l’Environnement.

Faute d'une gestion durable des sols et face aux aléas climatiques, au Congo les importations de denrées alimentaires sont estimées à 500 et 700 milliards FCFA par année. « Restaurer pour le Congo signifie reboiser nos forêts dégradées, stabiliser les têtes d'érosions urbaines et intensifier la réhabilitation des sols pour offrir à notre jeunesse des opportunités d'entrepreneuriat rural. Chaque hectare que nous détruisons appauvrit un foyer congolais. Chaque hectare que nous restaurons rapproche le Congo de l'autosuffisance alimentaire et renforce nos communautés locales », a conclu la ministre Arlette Soudan Nonault, secrétaire exécutive de la Commission climat du bassin du Congo et du Fonds bleu pour le bassin du Congo.


Fortuné Ibara

Légendes et crédits photo : 

La ministre de l’Environnement, Arlette Soudan Nonault /Adiac