Les Dépêches de Brazzaville



Médias: les journalistes ponténégrins édifiés sur les «Fake news»


Placée sous le patronage d'Eugene S. Young, ambassadeur des Etats-Unis en République du Congo, la rencontre a connu la présence de la directrice interdépartementale de la Télévision nationale congolaise Pointe-Noire/Kouilou, Irma Nadège Ikama. Elle a eu comme objectif d’échanger et de mettre à disposition des outils en vue de lutter contre les fakes news, phénomène qui consiste à divulguer des fausses informations. En plus du principal thème, les participants ont suivi des sous-thèmes développés par différents orateurs membres dudit club. Ceux-ci ont porté sur «L’attitude d’un journaliste face aux fakes news : comment éviter le piège ? » développé par Albert Mianzoukouta, directeur de publication de l’hebdomadaire "La Semaine Africaine" ; «L’expérience d’un correspondant de presse travaillant pour des médias étrangers» par Loïcia Martial, correspondant RFI et AFP au Congo ; «Le web TV face aux fakes news» par Ornella Kouanga, directrice de la télévision en ligne, "Ponton Light". La modération été assurée par Guy-Gervais Kitina, rédacteur en chef  du quotidien "Les Dépêches de Brazzaville".

Bien que n’étant pas nouveaux, les fakes news (fausses informations) ont pris de l’ampleur dans le monde avec l’internet et surtout les réseaux sociaux. Et comme l’a souligné Eugene S. Young, « Les Fakes news représentent un défi pour la jeunesse car ils manipulent la vérité et font passer le faux pour le vrai. Ensemble, nous devons trouver des solutions pour combattre ce phénomène mondial. Cet atelier permettra de trouver les méthodes adaptées pour le contexte de la République du Congo, en vue de combattre ce phénomène responsable des dégâts dans toutes les sociétés du monde».

Et pour combattre les fakes news, la presse qui a pour vocation d’informer a un grand rôle à jouer à travers les recherches, en s’appuyant sur des véritables sources d’information. Eugene S. Young a signifié qu’en plus de la langue anglaise, les fakes news existent dans toutes les langues du monde. Aussi a-t- il rappelé que les médias ont toujours un pouvoir réel dans la société et ceci est d’autant plus vrai à l’ère du numérique.  

«Nous voyons au quotidien comment les médias façonnent les pensées des gens dans tous les domaines de la vie.  A l’ère du numérique, une question se pose , à savoir qui est réellement journaliste? Malheureusement, il est très difficile de répondre à cette question car les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ont révolutionné la circulation de l’information. Un simple téléphone connecté à l’internet suffit pour informer des millions de personnes. Communiquer les opinions à travers l’internet n’est pas une mauvaise chose dans le cadre de la démocratie et de la liberté d’expression. Cependant, le revers de la médaille est que certaines personnes utilisent cette avancée technologique en vue de manipuler, tromper et influencer les opinions», a-t-il expliqué .

Dans son exposé axé sur l’attitude d’un journaliste face aux fakes news, Albert Mianzoukouta a donné quelques outils pour éviter ses pièges. Ainsi, pour  s’en protéger et s’en prémunir, il a conseillé notamment le respect des règles journalistiques, la multiplication des sources et la vérification de l’informationn, en vue de s’assurer de sa véracité. «Le fake news vit, parce que nous le faisons vivre. Il faut donner la bonne information. La parade contre ce phénomène réside d’abord en nous mêmes. Il faut vérifier la fiabilité de la source, rechercher son rapport avec la vérité et voir si elle peut être diffusée», a-t-il insisté.

Par ailleurs, il a souligné qu’aujourd’hui grâce aux NTIC, le journaliste se voit quelque part dépossédé de sa fonction régalienne d’annonciateur ou de commentateur d’information, parce que n’importe qui ayant les moyens technologiques peut diffuser une information à grande échelle à travers différents supports.

Pour sa part, la directrice de la chaîne "Ponton Light" a partagé les astuces utilisées par ce web TV pour faire face aux fakes news. Elle a insisté sur le fait qu’il est toujours nécessaire de vérifier toute information avant sa diffusion. «Aujourd’hui avec l’évolution de la technologie,  les journalistes doivent  être très attentifs aux sources pour un bon traitement de l’information. Pour notre part, nous veillons toujours à ne pas publier des fakes news sur notre chaîne», a-t-elle indiqué.

Partageant son expérience de correspondant de presse, Loïcia Martial a évoqué les difficultés et les contraintes du métier; puis quelques attitudes qui doivent caractériser un correspondant de presse, notamment la rigueur dans le traitement de l’information, un bon carnet d’adresses, la probité morale, l’humilité, le courage, la maîtrise des sujets à traiter et la prudence.  Il  a expliqué «qu’un correspondant de presse est à la fois l’œil et l’oreille du média qu’il représente et qui a sa rédaction à l’étranger".

Notons que cette session constitue la première activité du Club économique de la presse depuis sa création en octobre 2021. Ce club est un espace d’échange et de partage sur les questions d’actualité économique.


Lucie Prisca Condhet N’Zinga et Séverin Ibara

Légendes et crédits photo : 

-La photo de famille lors de la session; l'Ambassadeur des USA au Congo (au centre) ouvrant la session, le 29 avril à Pointe-Noire/ crédit photo Adiac