Politique nationale : l’ARD s’exprime sur la dette publique et la suppression des visas
S’agissant des émissions obligataires internationales, l’ancien ministre des Finances a rappelé que les emprunts obligataires sur le marché financier international et le surendettement qui en résulte pour le Congo témoignent de l’incapacité des pouvoirs publics de promouvoir une véritable politique économique génératrice de croissance, d’emplois décents et de bien-être social pour la population. « L’Etat recourt désormais de façon permanente à des émissions obligataires internationales, toute chose qui aggrave considérablement la dette publique du Congo dont l’encours était déjà de 8 mille milliards 500 millions de francs CFA (soit 99% du PIB) en 2024. Qu’on nous comprenne bien. Pour notre plateforme politique, la dette publique n’est pas un mal en soi. Sur le plan des principes, on distingue généralement deux catégories de dettes publiques : la bonne dette et la mauvaise dette publique », a-t-il rappelé, précisant qu’une dette publique est réputée bonne lorsqu’elle sert à financer des investissements utiles, alors qu’une dette publique est réputée mauvaise lorsqu’elle aide à financer des dépenses improductives, ou à assurer seulement le service de la dette, c’est-à-dire à payer les dettes antérieures. Concernant la gestion des passeports congolais, Mathias Dzon a rappelé l’article 22 de la Constitution du 25 octobre 2015 qui dispose : « Tout citoyen congolais a le droit de circuler librement sur l’ensemble du territoire national, d’en sortir librement et d’y revenir, sauf si cette liberté fait l’objet de restriction par voie judiciaire ou administrative ». D’après le président de l’ARD, l’exercice de ce droit exige en amont la possession d’une pièce nationale d’identité ou d’un passeport congolais valide. « Or, la délivrance de ce dernier est un véritable parcours du combattant. En effet, certains décideurs et gestionnaires du service des passeports ont transformé le passeport congolais en une marchandise rarissime qu’ils vendent à prix d’or », a-t-il condamné. Quant à la suppression annoncée des visas d’entrée en République du Congo pour tout Africain ressortissant des 53 Etats africains à compter du 1er janvier 2027, Mathias Dzon pense que cette décision présidentielle a de nombreuses conséquences négatives pour le Congo et son peuple. « Elle porte une grave atteinte à la souveraineté nationale, à la sécurité publique, à la défense nationale et à l’identité congolaise. Cette décision fait courir au pays le danger d’un grand remplacement, c’est-à-dire d’une situation dans laquelle le nombre des étrangers serait supérieur au nombre des nationaux. Elle fait aussi peser sur le Congo le grave danger de perte de l’identité congolaise », a-t-il estimé, soulignant que sa plateforme politique n’est pas xénophobe et ne nourrit aucune haine pour les étrangers.
Parfait Wilfried Douniama Légendes et crédits photo :Les membres de la conférence des présidents de l’ARD/DR |