Programme « Caméra citoyenne »: quand le 7e art invite au respect des droits et devoirs en société
Les œuvres réalisées ont été présentées au public lors de plusieurs projections organisées dans différents espaces à Brazzaville, notamment aux Ateliers Sahm, au Centre culturel Zola, dans les hôtels Saphir et Pefaco, ainsi qu’au Centre interdiocésain des œuvres, avec l’appui du Centre d’actions pour le développement. Ces projections ont été rehaussées par la présence, entre autres, de Kevin Lunianga, conseiller politique de l’ambassade du Canada en RDC, à la tête de la délégation de cette institution diplomatique; Denis Oba, représentant du Fonds canadien d’initiatives locales au Congo, ainsi que plusieurs partenaires institutionnels et acteurs du secteur culturel. Cette rencontre a permis de mettre en lumière le travail accompli par les bénéficiaires pendant la formation et de mesurer l’impact du projet sur les participants et sur la sensibilisation citoyenne par l’image.
Pour intégrer le programme, un appel à candidatures avait été lancé à destination des jeunes artistes intéressés par l’audiovisuel et les questions citoyennes. Vingt participants ont finalement été retenus, puis répartis en cinq groupes de quatre, chacun chargé de concevoir et de réaliser un court métrage. La formation s’est articulée autour de trois modules complémentaires. Le premier, consacré aux droits civiques, a été animé par Guerschom Gobouang. Les participants ont été initiés aux notions de droits humains, d’État de droit, de participation électorale et de gouvernance inclusive. Le deuxième module portait sur l’écriture scénaristique. Sous la direction de Franchesca Bel, les jeunes ont appris à structurer leurs idées et à transformer leurs préoccupations citoyennes en récits cinématographiques. Enfin, le troisième module, dédié à la réalisation audiovisuelle, a été conduit par la réalisatrice Razia Lelahel Mahoumi. « Transmettre à des profils différents demande beaucoup de patience et de pédagogie. Mais cette expérience m’a aussi permis de comprendre que chaque apprenant avance à son rythme et qu’il faut savoir s’adapter à chacun. Former une vingtaine de jeunes aux bases du métier de réalisateur a été un véritable défi », a-t-elle confié.
Au terme de la formation, les cinq groupes ont produit cinq courts métrages citoyens abordant différentes problématiques liées aux droits humains, à la démocratie et à la participation des jeunes à la vie publique. Pour plusieurs participants, l’expérience a été une véritable révélation. « Caméra citoyenne a réveillé le cinéaste qui sommeillait en moi », raconte Jean-Grâce Mayounga dit May’s, réalisateur du film "Au pays des Nkundi". « Nous avons dû faire face au manque de matériel et aux contraintes de tournage, mais cela nous a poussés à être créatifs avec les moyens de bord. Les difficultés ont finalement rendu l’expérience encore plus enrichissante », a-t-il dit. Au-delà des projections physiques, l’AJAE souhaite prolonger la diffusion des films sur les plateformes numériques, notamment YouTube, ainsi que dans des festivals citoyens et d’autres espaces de dialogue communautaire en vue de sensibiliser au-delà des frontières congolaises.
Merveille Jessica Atipo Légendes et crédits photo :1- Le public assistant aux projections capturées lors des séances de diffusion /DR
2- Quelques scènes lors des tournages dans le cadre du projet « Caméra citoyenne »/DR
3- Les partenaires, les formateurs et les apprenants au terme d’une projection à Brazzaville/DR |