Les Dépêches de Brazzaville



Projet PSIPJ : 2 256 jeunes reçoivent leurs attestations de fin de formation


La première cohorte, composée de 2 256 jeunes âgés de 18 à 35 ans issus des villes de Brazzaville, Pointe-Noire, Dolisie et Ouesso, a bénéficié d’une formation dans vingt-deux métiers porteurs, couvrant les secteurs de l’agriculture, des services, du bâtiment et de l’industrie. La formation a été dispensée pendant six à neuf mois par des centres publics et privés ainsi que par des maîtres artisans qualifiés, conformément à l’approche par compétences privilégiant la pratique professionnelle.

 En présence de son collègue de l’Enseignement technique et professionnel dont le département a supervisé l’encadrement pédagogique, la ministre des Affaires sociales et de l’Action humanitaire a salué la synergie gouvernementale ayant rendu possible cette formation. Elle a tenu à distinguer la protection sociale non-contributive, promue par le gouvernement, de la simple assistance. Selon Lydie Pongault, cette approche est « un investissement dans la dignité humaine, un levier d’inclusion productive et un instrument de transformation économique et sociale ». Elle a illustré son propos en rappelant que les 2 256 attestations remises ne sont pas de simples documents administratifs, mais « le passeport de l’avenir professionnel et la reconnaissance officielle du mérite et des compétences » acquises au prix d’un parcours exigeant.

S’adressant directement aux jeunes, la ministre les a exhortés à faire de cette attestation « un point de départ d’une nouvelle vie », les appelant à l’ambition, à la rigueur et à l’exemplarité. Elle leur a confié la lourde responsabilité de mettre leurs acquis au service de leurs familles, de leurs communautés et de la nation, se présentant comme « les dignes ambassadeurs du Congo de demain ».

Par ailleurs, Lydie Pongault a annoncé, au nom du gouvernement, le lancement prochain d’une seconde cohorte, traduisant « la volonté ferme du gouvernement de pérenniser et d’étendre cette dynamique d’inclusion productive ». Elle a réaffirmé sa gratitude envers la Banque mondiale, partenaire stratégique de ce projet.

Le coordonnateur du PSIPJ, Antoine Regis Ngakeni, a retracé les étapes clés du processus, depuis le ciblage des bénéficiaires jusqu’à l’évaluation certificative. Il a mis en lumière la particularité de ces formations fondées sur « la pratique et l’immersion professionnelle dans les entreprises », conformément à l’approche par compétences déjà expérimentée avec succès par le ministère de l’Enseignement technique.

Antoine Regis Ngakeni a salué l’implication de tous les acteurs, notamment une vingtaine de centres de formation publics et privés, plusieurs centaines de maîtres artisans, six organisations fédératives, une cinquantaine de personnel de suivi technico-pédagogique et une vingtaine de points focaux. Il a souligné que la formation a été entièrement prise en charge par le gouvernement, incluant les frais de transport et de nutrition, ainsi que la fourniture d’équipements de protection individuelle et une assurance sécurité au travail.

Le coordonnateur du PSIPJ a insisté, par ailleurs, sur le caractère décisif de cette étape qui « conduit à une autonomisation financière et confère une dignité dans la société ». Il a rappelé que le projet ne s’arrête pas là et un accompagnement post-formation de six mois, comprenant une subvention non remboursable et un appui au montage des plans d’affaires, est prévu pour faciliter l’installation des jeunes.

Rappelons que ce projet lancé en avril 2024 pour une durée de trois ans bénéficie d’un financement de 133 millions de dollars de la Banque mondiale. Son objectif est de fournir une aide d’urgence aux ménages touchés par la crise de la covid-19 et d’accroître l’accès aux filets sociaux, avec une cible globale de 5 000 jeunes formés d’ici à 2027.


Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

Les deux membres du gouvernement avec les bénéficiaires /Adiac