Les Dépêches de Brazzaville



Revitalisation des sports et loisirs : Denis Sassou N’Guesso promet d’y veiller personnellement


Le président de la République a annoncé une nouvelle qui entretient de l’espoir chez les sportifs.  Cette réaction tant attendue confirme une thèse bien connue : le développement du sport est une volonté politique.  La transformation de la parole aux actes fera sans aucun doute passer ce secteur en perte de vitesse à une autre dimension car le sport congolais a perdu  tous ses repères.

Les statistiques des indicateurs de performances sportives du Congo restent peu reluisantes. Le sport était sur le point de renaître après  les Jeux africains de Brazzaville en 2015 comme en témoignent les résultats et les infrastructures construites dans tout le pays. Les Diables rouges avaient glané au total trente-deux médailles dont huit en or, quatre en argent et  dixèneuf en bronze, se classant sixièmes.

Mais les  résultats de ces dernières années ont démontré  la difficulté  de s’inscrire dans la durée.  Aux Jeux africains du  Maroc en 2019, le Congo a occupé la 34e place avec trois médailles (Une d’argent et deux de bronze) puis en 2024 à Accra, au Ghana, les Diables rouges se classaient à la 39e place avec cinq médailles de bronze.

Les causes de ce déclin sont multiples. A côté des primes des athlètes impayées ou revues à la baisse, le manque de financement ayant conduit certaines fédérations  et non pas les moindres (Karaté, volleyball,  athlétisme…)  à renoncer à  la participations  à plusieurs compétitions internationales, a confirmé cette évidence.  

Et les  athlètes abandonnés à leur triste sort y voient déjà  le bout du tunnel  

L’intervention du  président de la République pourrait changer la donne dans la résolution des conflits entre le ministère des Sports et les fédérations sportives. Au football, par exemple, le ballon ne roule plus. Le championnat national et même la Coupe du Congo instituée par décret présidentiel ne se jouent  plus depuis deux ans. Cette décision a eu des répercussions sur la participation des équipes congolaises aux  compétitions africaines. Les clubs non subventionnés par l’Etat peinent à trouver des sponsors.  Dans ces conditions, il est difficile pour eux de rivaliser avec les équipes les plus huppées du continent.

Le handball,  la discipline  qui a fait rêver les Congolais grâce à son élogieux palmarès, a été aussi secouée. La Fédération nationale et la Dynamique pour le réveil du handball congolais sont diamétralement opposées. Ce genre de conflit ne peut se résoudre que par un vrai dialogue.

Le renouveau s’impose sans perdre de vue l’idée  de rassembler les sportifs  autour de la même mission : rendre le sport congolais compétitif à l’échelle internationale. Cela  est possible  à condition que chacun joue sa partition. Les fédérations doivent s’occuper de la préparation technique des athlètes. A son tour,  l’Etat devra apporter les moyens qu’il faut pour atteindre les objectifs fixés.

Quand le président de la République prenait les choses en main

En rappel, le sport congolais a toujours tiré un meilleur profit de l’implication personnelle du chef de l'Etat. Les exemples sont légions. En  2005, une année après l’organisation réussie des 14es Championnats d’Afrique d’athlétisme à Brazzaville,  il avait créé le Centre national de formation  de football (CNFF).

Au terme de deux ans, les Diables rouges des moins de 20 ans remportaiebt  la Coupe d’Afrique des nations (CAN) à Brazzaville, se qualifiant ainsi pour la Coupe du monde de la catégorie au Canada. Grâce à ce centre, le Congo a remporté deux fois la médaille d’or aux Jeux de la Francophonie, en 2009 à Beyrouth, au Liban, et en 2013 à Nice, en France. Chez les moins de 17 ans,  le Congo a glané  la médaille de bronze lors de la CAN 2011 au Rwanda et a aussi joué la Coupe du monde de la catégorie la même année. Aujourd’hui,  le CNFF est devenu l’ombre de lui-même et aucune initiative visant à lui donner un second souffle n’a été prise.

Le  président de la République  avait mis la Fédération congolaise de football et le ministère des Sports face à leurs responsabilités en déclarant que « Le Congo est une nation de football il lui faut un entraîneur de renom ».  Sur la base de cette déclaration,  Claude Le Roy fût engagé et le Congo avait réussi à briser le plafond de verre en se qualifiant  à la phase finale de la CAN 2015 quinze ans après. Depuis lors, plus rien.

Le mal étant profond, il  ne reste  plus qu’à transformer les paroles en actes pour relever le défi. Car en  un demi-siècle de participation, les talentueuses générations d’athlètes congolais  qui se sont succédé n’ont jamais réussi à offrir au pays sa première médaille aux Jeux Olympiques .


La Rédaction

Légendes et crédits photo : 

Le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, prononçant son discours / DR