Les Dépêches de Brazzaville



Sécurité et prévoyance sociales : Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas rencontre ses collaborateurs


Accompagnée de son directeur de cabinet, Ferdinand Sosthène Likouka, et des membres de son équipe, la ministre a visité successivement la Direction générale de la sécurité sociale, la Direction générale de la solidarité, la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse d’assurance maladie universelle (Camu). Les responsables de ces structures ont présenté les préoccupations et les solutions attendues pour leur bonne marche.

La sécurité sociale

A la Direction générale de la sécurité sociale, régulatrice des structures chargées de sécurité et de la prévoyance sociale des Congolais, les préoccupations ont porté sur la promotion de la sécurité sociale, l’harmonisation de la législation nationale au socle juridique de la Conférence inter-africain de la prévoyance sociale, la réforme des inspections effectuées par la direction auprès des établissements publics et privés, le manque de locaux adéquats et des moyens roulants pour certaines directions départementales.

Au niveau de la CRF, qui gère environ 50 000 pensionnés, le directeur général, François Nguimbi, a exposé la situation de sa structure. Si la caisse affiche un bilan assaini pour les exercices 2022, 2023 et 2025, l'urgence immédiate réside dans la liquidation de quatre mois d'arriérés de l'année en cours, soit de février à mai 2026. Parmi les autres priorités figurent le traitement diligent des dossiers pour éviter les longues attentes de prise en charge, le reversement juridique des agents contractuels et la revalorisation du point d'indice à 300. 

Du côté de la CNSS, le directeur général, Evariste Ondongo, a plaidé pour l'augmentation de l'effectif. Ils sont 650 agents qui gèrent une masse critique de 41 882 pensionnés, 1 480 rentiers et 4 478 allocataires, pour un coût de prestations annuelles s'élevant à près de 80 milliards FCFA. Il a profité, par ailleurs, de cette visite pour alerter la ministre sur un point crucial, celui de l'annulation jugée illégale, via la loi de finances 2026, de l'article 171 du code de sécurité sociale, qui obligeait tous les employeurs quittant le territoire à présenter un certificat de non-redevance. « Des démarches en vue du retrait de cette disposition sont en cours et nous avons reçu des promesses du gouvernement », a indiqué Evariste Ondongo.

Le directeur général de la CNSS a également informé la ministre des difficultés pour le transfert des fonds des évacuations sanitaires des victimes des accidents du travail, sans oublier l’épineux problème des arriérés de pensions accumulées au cours de la période post-conflit entre 1997 et 2004. « L’Etat s’était engagé de procéder à l’apurement, malheureusement sur les dix-huit trimestres prévus, il n’a payé que deux trimestres en 2012 », a-t-il déploré.

En dépit des problèmes cités, la CNSS a annoncé très prochainement le lancement d’une campagne d’immatriculation des chauffeurs de taxi et de bus afin d’étendre la couverture au secteur informel. 

Mise en œuvre de la couverture maladie

Après une phase pilote réussie depuis avril 2025 avec 27 000 assurés affiliés et 174 formations sanitaires conventionnées dans huit départements, le directeur général de la Camu, Félix Mouko, a présenté les ambitions de sa strcuture, à savoir l’intégration des agents de l’État à Brazzaville, Pointe-Noire et Oyo dès le 1er août prochain. Ce projet d'envergure, qui cible potentiellement 480 000 bénéficiaires, nécessite la distribution des cartes biométriques dès le 1er juillet et le déploiement d’une campagne de communication de onze semaines à compter du 20 juin. 

Toutefois, le succès de ce tournant repose sur des arbitrages financiers et juridiques urgents attendus de la ministre que sont la mobilisation d’un fonds de roulement de 4,4 milliards FCFA, l'adoption de dix-sept projets de textes réglementaires bloquants, le règlement d'une dette de digitalisation de 6,5 milliards FCFA et l'octroi d'un statut de créance publique aux cotisations pour contraindre les employeurs défaillants.

Cas de la direction générale de la Solidarité nationale

Cette nouvelle structure, auparavant rattachée au ministère des Affaires sociales, fait face à plusieurs difficultés, qu’elles soient financières, matérielles et organisationnelles, comme l’a exprimé la directrice générale, Anasthasie Ossangatsama. Les quarante agents qui constituent cette direction s'efforcent d’impulser une nouvelle vision stratégique de l'aide sociale malgré un budget très restreint, dépendant majoritairement des partenaires techniques et financiers. « Nous comptons sur votre engagement, votre rigueur et combativité pour relever ces défis », a-t-elle espéré.

Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas à l’écoute

À la direction de la Solidarité, la ministre a tenu à rassurer le personnel sur l'absence de toute discrimination de traitement entre les administrations. « La solidarité n'est pas un mot creux. Elle représente beaucoup dans certaines familles. Sans cette solidarité, on ne peut pas envoyer son enfant à l’école ou soigner sa famille et nous allons donner du sens à cette direction », a déclaré la ministre de la Sécurité sociale, de la Prévoyance sociale et de la Solidarité, s’engageant ainsi à se pencher sur l'actualisation de l’organigramme et l’amélioration des conditions réelles de travail de ses équipes. 

Aux autres structures visitées, elle a répété qu'elle se donne le temps nécessaire pour s'imprégner des concepts techniques avant de venir à la rencontre des équipes. Refusant de formuler des réponses hâtives, elle a exigé la mise en place d'une méthode de travail rigoureuse. « Le sens de notre rencontre n’est pas d’apporter des réponses immédiates, mais de poser le premier pas d’une longue collaboration. Nous allons bâtir une feuille de route, examiner en profondeur  chaque dossier, et travailler main dans la main comme une seule et unique équipe au service de l’intérêt général », a assuré la ministre.

 

 


Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1- Visite à la direction générale de la solidarité / Adiac 2- La ministre reçue à la CRF/Adiac