Suivi de la dette publique : la société civile et les médias encouragés à s’impliquer
Les participants ont été sensibilisés aux différentes dimensions du suivi citoyen. Pour Franck Roger Matoko, principal intervenant, les OSC disposent de plusieurs moyens pour contribuer à ce travail. « Celles-ci peuvent rechercher les informations disponibles, analyser les documents, suivre les projets, réaliser des enquêtes de terrain, interroger les bénéficiaires, documenter les problèmes, produire des rapports, formuler des recommandations et mener des actions de plaidoyer », a-t-il expliqué. Le rôle des médias apparaît, lui aussi, déterminant. Il consiste notamment à rendre accessibles des informations parfois techniques, à expliquer les chiffres, à vérifier les déclarations publiques et à enquêter sur les projets financés par emprunt. Les journalistes sont également appelés à donner la parole aux populations concernées et à présenter les résultats des missions de suivi afin de contribuer au débat public. La nécessité de mieux comprendre les mécanismes de la dette intervient dans un contexte où l'endettement public demeure un enjeu important de politique économique. Selon les données présentées au cours de la session, la dette publique totale du Congo était estimée à environ 97,3 % du PIB à fin 2025, contre un pic de 102,9 % du PIB à fin 2023. La dette intérieure représentait environ 58,8 % du PIB, tandis que la dette extérieure s’établissait autour de 38,5 %. À cet effet, les participants ont été invités à comprendre le lien entre dette, budget et financement public. Les recettes et les dépenses de l’État, l’existence éventuelle d’un déficit, les besoins de financement, le recours à l’emprunt et le remboursement de la dette constituent autant d’éléments interdépendants à prendre en compte dans l’analyse. Pour assurer un suivi pertinent, les participants ont été encouragés à s’appuyer sur des sources documentaires officielles. Parmi celles-ci figurent notamment les lois de finances, les rapports d’exécution budgétaire, les rapports sur la dette publique, les bulletins statistiques, les rapports de la Cour des comptes ainsi que les informations relatives aux projets d’investissement. La formation a également permis de présenter les principaux acteurs institutionnels intervenant dans la gestion et le contrôle des finances publiques (exécutif, Caisse congolaise d’amortissement, Parlement, Cour des comptes, Banque centrale). OSC et médias, un tandem à renforcer Un autre enjeu de la session a été celui de la complémentarité entre les organisations de la société civile et les médias. « Le suivi citoyen est plus efficace lorsque les OSC et les médias travaillent ensemble », a souligné Franck Roger Matoko. Les OSC peuvent apporter des données vérifiées, des analyses et des informations issues du terrain, tandis que les médias disposent de moyens pour diffuser ces informations, sensibiliser le public et favoriser le débat. Cette complémentarité est également relevée par Sarah Abendé, membre de la Commission épiscopale justice et paix, qui estime que les deux acteurs ont intérêt à conjuguer leurs efforts. « Le point qui m’a beaucoup plus marquée est la collaboration entre la société civile et les médias. Les médias doivent travailler avec la société civile, parce que celle-ci dispose de beaucoup d’informations qui peuvent être portées à la connaissance de la population par l’intermédiaire des médias », a-t-elle témoigné.
Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :1- Les représentants des OSC et médias/Adiac
2- Les parties prenantes en discussions/Adiac |