Télécoms : l’Afrique centrale renforce ses dispositifs face aux catastrophes naturelles
Pendant deux jours, une cinquantaine de représentants des administrations et institutions chargées des télécommunications, de la protection civile et de la gestion des catastrophes de la CEEAC examinent et enrichissent un document-cadre modèle du Plan national de télécommunications d’urgence (PNTU). Les représentants des Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, République démocratique du Congo et Tchad prennent part aux travaux sur la réponse aux urgences liées aux inondations, tempêtes… Face à ces phénomènes naturels, maintenir les communications devient une priorité. Les réseaux permettent notamment d’alerter les populations, de coordonner les secours et de faciliter le rétablissement des services essentiels. D’après le directeur général de l’ARPCE, Louis-Marc Sakala, la continuité des télécommunications en période de catastrophe constitue désormais une « nécessité vitale ». Il a souligné le rôle déterminant des réseaux dans l’organisation de la réponse humanitaire, la mobilisation des secours et l’acheminement de l’aide aux populations sinistrées. Pour la République du Congo, l’approche consiste notamment à identifier les acteurs, recenser les ressources disponibles et définir à l’avance les procédures permettant d’intervenir rapidement et efficacement en cas de crise. L’un des principaux enseignements de la rencontre est que les catastrophes ignorent les frontières. Une inondation, un glissement de terrain ou une rupture d’infrastructure peut affecter plusieurs pays à la fois et nécessiter la mobilisation de moyens provenant des États voisins. Tout comme le patron de l’ARPCE, le directeur du bureau de développement des télécommunications de l'Union internationale des télécommunications, Cosmas Zavazava, plaide pour la mise en place à terme d’une architecture sous-régionale des télécommunications d’urgence. Celle-ci reposerait sur la complémentarité des moyens, le partage des infrastructures et la mutualisation des ressources critiques. L’innovation technologique au service des populations L’objectif de l’atelier est précisément de poser les bases d’une telle coordination. Le document-cadre soumis aux participants doit permettre à chaque pays de disposer d’un modèle adaptable à son contexte national, tout en favorisant la cohérence et l’interopérabilité des dispositifs. Le Congo entend également s’appuyer sur les dispositifs déjà mis en place dans le domaine de la prévention et de la gestion des catastrophes. Pour le directeur de cabinet du ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Kô Goma, l’enjeu dépasse la seule préservation des infrastructures. Il s’agit aussi de garantir aux citoyens l’accès aux services essentiels lorsque survient une crise. Dans un monde de plus en plus connecté, la résilience des réseaux devient ainsi une condition du maintien des services publics et de l’accès aux dispositifs d’aide. « Sans connectivité, rien de tout cela n’est possible », a souligné Kô Goma, appelant les participants à faire preuve d’innovation dans la conception des solutions techniques, des dispositifs opérationnels et du cadre juridique.
Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :1- Les officiels à l'ouverture des assises/Adiac
2- Les participants à l'atelier régional/Adiac |