Les Dépêches de Brazzaville



Veillée de presse en mémoire de Jean-Paul Pigasse : l’ultime hommage au bâtisseur du groupe Adiac


Les visages étaient moroses, les regards empreints de tristesse. Dans une atmosphère de recueillement, chacun semblait mesurer l’immense vide laissé par celui qui, durant plusieurs décennies, a façonné le paysage médiatique et culturel congolais à travers plusieurs œuvres : le quotidien Les Dépêches de Brazzaville, Le Courrier de Kinshasa, l’hebdomadaire Le Bassin du Congo, la galerie-musée du bassin du Congo, la librairie Les Manguiers.

Parmi les personnalités présentes figuraient les ministres Jean Claude Gakosso, Thierry Lézin Moungalla et Lydie Pongault; le président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Médard Milandou; Bélinda Ayessa, directrice générale du mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza; Maria Fakhrutdinova, directrice de la Maison russe; ainsi que plusieurs responsables d’organes de presse et de nombreux journalistes.

Au fil de cette cérémonie d’hommage, des images d’archives retraçant le parcours de Jean-Paul Pigasse et des extraits de ses célèbres réflexions publiées dans les colonnes des Dépêches de Brazzaville défilaient sur écran, ravivant des souvenirs précieux et rappelant la vision d’un homme passionné par l’information, la culture et le Congo.

Dans son allocution, la directrice générale par intérim des Dépêches de Brazzaville, Raïssa Angombo, a salué « un homme exceptionnel, un grand chrétien, un patron profondément humain », rappelant les valeurs de respect, de confiance et de bienveillance qui guidaient son management. Émue, elle a lancé un appel à tous les collaborateurs : poursuivre l’œuvre de celui qu’elle a accompagné pendant vingt-cinq ans et faire vivre le journal qui fut « l’œuvre de toute sa vie ».

Des témoignages poignants

Les témoignages se sont ensuite succédé. Avec une émotion palpable, Bélinda Ayessa est revenue sur la naissance des Dépêches de Brazzaville, fruit d’une ambition commune portée par Jean-Paul Pigasse, au lendemain des conflits que traversait le pays. Elle a évoqué un mentor, un maître et un ami dont l’audace a permis de bâtir un groupe de presse devenu une référence, tout en rappelant son engagement déterminant dans la création du mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza.

Le rédacteur en chef délégué des Dépêches de Brazzaville, Christian Elion, a décrit, quant à lui, un dirigeant proche de ses équipes, préférant souvent partager le quotidien de la rédaction plutôt que de rester dans son bureau. « Le navire a perdu son capitaine », a-t-il confié, promettant, avec ses collègues, de préserver l’héritage légué aux générations futures.

La signature du livre d’or a constitué l’un des moments les plus poignants de cette veillée. Premier à s’y prêter, le ministre de la Culture, des Arts, du Patrimoine national et de l’Industrie touristique, Jean Claude Gakosso, a couché quelques mots sobres mais profondément chargés d’émotion, traduisant toute l’affliction suscitée par la disparition de Jean-Paul Pigasse.

À sa suite, le ministre de la Communication et des Médias, Thierry Lézin Moungalla, a rendu un vibrant hommage à « un journaliste, un homme de presse et un homme de culture émérite ». Il a salué le rayonnement personnel et professionnel de celui qu’il considérait comme « un Congolais de cœur », dont l’engagement a largement contribué à faire exister le Congo sur la scène médiatique du XXIᵉ siècle. 

Évoquant leurs nombreux échanges, le ministre Moungalla a rappelé combien l’immensité de sa culture et la richesse de leurs discussions l’avaient marqué, avant de paraphraser Victor Hugo : « Tu n’es plus parmi nous, mais tu es désormais là où nous sommes tous. » Des mots d’une grande intensité qui ont résonné comme une promesse : celle de garder vivante la mémoire et l’œuvre d’un homme qui continuera d’inspirer le journalisme congolais.


Merveille Jessica Atipo

Légendes et crédits photo : 

1- Une minute de silence en mémoire de Jean-Paul Pigasse, fondateur et président-directeur général du groupe Adiac /Adiac 2- Quelques autorités présentes témoignant Jean-Paul Pigasse dans le livre d’or /Adiac