Les Dépêches de Brazzaville



Vie des partis : l’ARD appelle à un « vrai » dialogue politique national inclusif


L’objectif principal de ce symposium était de passer en revue la situation dans laquelle le pays se trouve actuellement, mais également de présenter les différentes caractéristiques qui constituent la responsabilité de tous. Il s’agissait comme, l’ont expliqué les organisateurs, de « dresser le bilan catastrophique du Parti congolais du travail avec ses 42 ans de règne sans partage ». Selon eux, le paradis que le pouvoir avait promis s’est transformé en enfer terrestre. « L’objectif de faire du Congo un pays émergeant en 2025 n’a pas été atteint. Le Congo, au contraire, a sombré dans un chaos total », a déclaré l'ARD, cette plateforme des partis de l’opposition.

Pour l’ARD, le Congo, dirigé par le Parti congolais du travail est confronté à plusieurs grands défis, parmi lesquels l’absence d’une vision nationale; l’exposition des replis identitaires sectaires et le délitement de l’unité ainsi que de la concorde nationale. Elle dénonce également « l’intrusion intempestive de la force publique dans le champ politique et son instrumentalisation à des fins politiques partisanes » ; les violations quotidiennes des droits humains, de la Constitution, des lois et des règlements de la République ; la mal gouvernance des affaires publiques ; le chômage des jeunes ; la corruption, ainsi que la pénurie chronique d’eau, d’électricité et de carburant.

 « La situation générale de notre pays est très préoccupante. Le Congo, notre patrie, se défait sous nos yeux. Il est au fond du trou. Le pays est socialement fracturé, économiquement en récession, financièrement en cessation des paiements courants », ont déploré les participants au symposium.

Quelques pistes de sortie de la situation

Face à cette analyse, l’ARD propose quelques pistes fécondes pour sortir le Congo de façon pacifique de cette crise qui le plombe. Il s’agit, entre autres, de la tenue, sans délai, d’un véritable dialogue politique national inclusif. Le but étant d’apaiser le climat politique qu’elle qualifie « d’extrêmement tendu », de refaire la confiance entre les Congolais et de promouvoir une vraie réconciliation nationale et une paix véritable. « Ceci pour aboutir à l’institution définitive d’une réelle démocratie pacifique et d’éviter les coups d’Etat électoraux qu’on est en train de perpétrer dans notre pays depuis plus de 40 ans et de permettre aux Congolais de bénéficier du travail qu’ils ont fait ensemble », a indiqué Dzon Mathias.

Non partant pour l’élection présidentielle des 12 et 15 mars prochains, le président de l’ARD plaide pour une opposition réunie pour soutenir la force, mais aussi créer des accords de vote dans le pays. Ce qui permettrait aux Congolais de se mobiliser et de se mettre debout.

L’ARD suggère, par ailleurs, l’assainissement des finances publiques ; le retraitement de la dette publique ; la réduction du train de vie de l’Etat ; la création d’institutions de l’intégrité et de nouveaux corps de police ; l’abrogation du système électoral et la libération sans conditions de tous ceux qu’il considère comme « des prisonniers politiques ». « Oublions ce qui nous divise, transcendons nos appartenances différentes et rassemblons-nous autour d’un idéal commun », a exhorté Mathias Dzon.


Jean Pascal Mongo-Slyhm

Légendes et crédits photo : 

1- Le collège des présidents de l'ARD / Adiac 2- Une vue des participants /Adiac