Visite à Paris : Bassirou Diomaye Faye réécrit l’agenda diplomatique sénégalo-françaisUn tournant symbolique pour une coopération repensée En visite officielle en France les 26 et 27 août 2025, le président Faye a posé les jalons d'une relation remaniée entre Paris et Dakar. Lors d’un entretien à l’Élysée, les deux dirigeants ont enclenché une relecture complète de leur coopération dans les domaines économiques, sécuritaires et diplomatiques. Cette entrevue marque aussi la fin d’une présence militaire permanente, avec la rétrocession en juillet des derniers sites (Camp Geille, base aérienne, Rufisque). Désengagement militaire, repositionnement stratégique Cette transition sécuritaire s’inscrit dans un mouvement plus vaste. En effet, la France clôture plus de six décennies de présence militaire continue au Sénégal, tout en maintenant une coopération ciblée via des programmes de formation (cybersécurité, lutte contre le terrorisme). Relance économique : un dialogue autour d’investissements renouvelés Au Medef, le président sénégalais était l’invité d’honneur lors d’une rencontre avec les chefs d’entreprises françaises, proposant une coopération basée sur l’innovation, la jeunesse et la durabilité, en adéquation avec la Vision Sénégal 2050. Économiquement, la France demeure un partenaire essentiel, représentant 12 % des importations sénégalaises et 17 % des investissements étrangers, selon les chiffres les plus récents. Mémoire et souveraineté : le dossier sensible du massacre de Thiaroye Sur le plan mémoriel, la question du massacre de Thiaroye (1944) – où des tirailleurs sénégalais furent tués après avoir réclamé leurs soldes – reste au cœur des discussions. Faye continue d’exiger la reconnaissance officielle et la déclassification des archives, un enjeu symbolique majeur pour l’histoire post-coloniale sénégalaise. Un reset diplomatique sous tension constructive Cette visite constitue un vrai reset dans les relations France-Sénégal. Le dialogue ouvert sur la sécurité, l’économie et la mémoire illustre la volonté affichée des deux États de refonder leur partenariat sur des bases mutuellement souveraines. La feuille de route qui se dessinera jusqu’au sommet Afrique-France de 2026 sera déterminante pour évaluer si cette dynamique est concertée ou juste symbolique. Noël Ndong |