Les Dépêches de Brazzaville



ZES de Maloukou : une nouvelle ligne électrique au service de l’industrie


La ZES de Maloukou dispose désormais d’une nouvelle infrastructure énergétique appelée à accompagner son développement industriel. Sa mise en service s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, de parlementaires, des autorités locales et communautés bénéficiaires, ainsi que des investisseurs. Cette nouvelle ligne constitue, d’après les autorités, un maillon important dans la stratégie nationale visant à renforcer les infrastructures électriques et à créer les conditions nécessaires au développement des activités économiques.

Pour le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, l’arrivée de l’électricité dans la ZES de Maloukou et les localités environnantes ne se limite pas à la fourniture de l’énergie. Elle contribue également à améliorer l’accès à l’éducation, aux soins de santé, aux télécommunications, à la télévision et aux services numériques. « L’acte posé ce jour a une double portée », a-t-il déclaré, estimant qu’il constitue à la fois une étape dans la concrétisation de la volonté présidentielle de développer l’industrie nationale et une avancée en matière d’accès de la population aux services essentiels.

La mise en service de la ligne de Maloukou s’inscrit dans une politique plus large de développement du secteur de l’électricité. Le gouvernement entend notamment augmenter considérablement les capacités nationales de production afin de répondre à la demande croissante des ménages et des acteurs économiques. Selon Bruno Jean Richard Itoua, la capacité électrique installée, actuellement estimée à environ 760 MW, devrait atteindre 3 000 MW en 2028, 5 000 MW en 2030 et 10 000 MW à l’horizon 2040.

Pour cela, le autorités prévoient de diversifier son mix énergétique afin d’atteindre ces objectifs. Des projets solaires photovoltaïques avec stockage, des centrales électriques fonctionnant au gaz ainsi que des projets d’hydroliennes, de pico-centrales et de microcentrales hydroélectriques sont envisagés, notamment pour les zones rurales. À moyen et long terme, le gouvernement compte également exploiter davantage le potentiel hydroélectrique du pays, estimé à environ 27 000 MW. Plusieurs sites sont déjà identifiés, précisément Sounda, avec une puissance recommandée de l’ordre de 800 MW; Chollet, avec 600 MW; ainsi que Mourala et plusieurs sites situés sur le fleuve Congo, parmi lesquels Ntoula, Linzolo, Banza-Ndounga, Kiteke, Kiniangui et Kilanga, pour une puissance globale annoncée de 2 000 MW.

Moderniser le réseau de transport et de distribution

Parallèlement à l’augmentation de la production, l’exécutif congolais entreprend de moderniser le réseau de transport électrique afin d’accroître ses capacités de transit et d’améliorer la fiabilité de l’approvisionnement. Ces travaux sont notamment soutenus par la coopération avec la Banque mondiale, à travers le Projet d’amélioration du secteur de l’électricité, ainsi qu’avec la société pétrolière ENI Congo.

Sur le volet de la distribution, les priorités portent sur la réhabilitation, la sécurisation, la modernisation, la densification et l’extension des réseaux électriques, particulièrement à Brazzaville et Pointe-Noire. Le ministère prévoit également de généraliser l’installation de compteurs intelligents à prépaiement auprès des consommateurs abonnés, avec le post-paiement maintenu dans certains cas exceptionnels. Le ministre Bruno Jean Richard Itoua a rappelé l’importance du Pacte national énergétique/Compact, adopté en Conseil des ministres le 17 septembre 2025 et présenté à New York, dans le cadre de la « Mission 300 ».

Cette initiative internationale, portée par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et la Fondation Rockefeller, vise à permettre l’accès à l’électricité à 300 millions d’Africains supplémentaires d’ici à 2030. Pour le Congo, le Pacte national énergétique fixe notamment l’objectif de parvenir à un taux d’accès à l’électricité de 90 % en milieu urbain et de 50 % en milieu rural à l’horizon 2030, avec une attention particulière aux localités de plus de 1 000 habitants.

L’électrification rurale parmi les priorités

La stratégie gouvernementale accorde également une place importante à l’électrification des zones rurales. Plusieurs programmes sont en préparation afin de réduire les disparités entre les zones urbaines et rurales. Le Programme d’électrification des zones rurales prévoit la construction de microcentrales hydroélectriques et l’installation de systèmes solaires photovoltaïques dans 198 localités rurales. L’objectif est de proposer des solutions adaptées aux contraintes liées à l’éloignement géographique et à la faible densité de la population, aussi bien dans les zones raccordées au réseau que dans celles fonctionnant en système hors réseau.

Le Projet Électricité pour tous vise, quant à lui, l’accès universel à l’électricité d’ici à 2035. Il prévoit précisément l’électrification de 453 localités, dont 393 situées en milieu rural.

Pour le gouvernement, ces programmes doivent faire de l’électricité un véritable levier de développement économique et social. L’amélioration de l’accès à l’énergie devrait favoriser l’activité économique, stimuler la croissance, réduire les disparités territoriales et contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.

 


Fiacre Kombo

Légendes et crédits photo : 

Le ministre de l'Energie s'exprimant à l'occasion de l'inauguration de la ligne électrique de Maloukou /DR