Zlécaf : la digitalisation des procédures douanières confiée au Nigérian BergmansLe projet sera mis en œuvre par AfriTrade CMP, filiale de Bergmans. Il vise notamment à numériser les procédures douanières, harmoniser les formalités aux frontières et assurer un suivi en temps réel des marchandises circulant d’un pays à l’autre. Pour les signataires, l’enjeu dépasse la simple modernisation technologique. Les procédures douanières encore largement manuelles constituent, selon le secrétaire général de la Zlécaf, Wamkele Mene, un terrain favorable à la corruption, aux fuites de recettes publiques ainsi qu’aux pratiques de sous-facturation et de surfacturation. La mise en place d’un dispositif douanier harmonisé doit permettre aux États africains de disposer de procédures plus transparentes et mieux coordonnées. La collecte et le partage des données, ainsi que le suivi des cargaisons, figurent parmi les principaux leviers attendus de cette transformation. L’objectif est également de réduire les délais et les obstacles administratifs qui ralentissent encore le commerce intra-africain. En 2024, les échanges entre pays africains ont atteint 220 milliards de dollars, soit une progression de 12,5 % sur un an. La Zlécaf ambitionne de doubler ces flux à l’horizon 2035. Pour déployer son système à l’échelle continentale, Bergmans devrait notamment s’appuyer sur l’expérience acquise au Nigeria, dans le cadre de la modernisation des services douaniers. D’après la Zlécaf, cette réforme aurait contribué à une hausse de 90,4 % des recettes douanières du pays. Le choix d’un opérateur nigérian intervient ainsi dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à accélérer la digitalisation de leurs administrations douanières et à mieux sécuriser leurs recettes. L’accord conclu à Abuja fait suite à un protocole d’accord signé au début du mois à Lagos, en marge du Digital Trade Forum. Il est considéré comme une étape importante dans la circulation des biens et réduire les barrières qui continuent de freiner le commerce sur le continent. Des interrogations encore en suspens Le calendrier de déploiement du système, pays par pays, n’a pas encore été communiqué. Les modalités de rémunération du concessionnaire n’ont pas non plus été rendues publiques. Ces interrogations interviennent alors que la Zlécaf, entrée en vigueur en 2021, peine encore à transformer pleinement ses engagements en une hausse significative des échanges intra-africains. Le déficit d’infrastructures de transport, mais aussi la persistance de nombreuses barrières non tarifaires, continuent de peser sur le commerce régional. La prochaine réunion du Conseil des ministres du Commerce de la Zlécaf devrait, par ailleurs, examiner l’état d’avancement du protocole consacré au commerce numérique. Une étape qui pourrait permettre de préciser davantage les contours de cette transformation numérique des échanges africains. Avec ce projet de digitalisation des douanes, la Zlécaf entend donc s’attaquer à l’un des maillons essentiels du commerce continental : le passage aux frontières. Fiacre Kombo |