Zlécaf: préparer les entreprises congolaises au marché continental
Des progrès ont également été enregistrés avec la validation d’une feuille de route sur la facilitation des échanges en 2022 et d’une cartographie des barrières non tarifaires en février 2026. Cependant, le constat reste celui d’une préparation inégale, avec des étapes cruciales à franchir, notamment la domestication des textes dans le corpus juridique national, le paramétrage douanier et la notification des autorités compétentes pour les certificats d’origine. Dans son allocution, la représentante du Pnud au Congo, Adama-Dian Barry, a salué le leadership du président de la République, Denis Sassou N’Guesso, et la vision panafricaine du gouvernement. Elle a souligné que la Zlécaf représente un marché potentiel de 1,3 milliard de personnes et un produit intérieur brut cumulé de plus de 3 400 milliards de dollars, avec des retombées estimées à 450 milliards de dollars d’ici à 2035. Elle a rappelé que les atouts du Congo, tels que le port en eaux profondes de Pointe-Noire, ses ressources forestières et agricoles, en font un acteur clé pour cette intégration. L’enjeu, a-t-elle insisté, est désormais de transformer ces opportunités en capacités réelles pour les entreprises congolaises, en renforçant leur compétitivité, leur accès au financement et à l’information. Une opportunité historique pour le Congo Prenant la parole pour l’allocution d’ouverture, la ministre du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation, chargée de la Zlécaf, a placé l’atelier sous le signe de l’action. Elle a rappelé les missions du gouvernement visant à faire des entreprises congolaises des actrices de premier plan du marché continental. La récente élection du Congo à la vice-présidence du bureau du Conseil des ministres du commerce et de la Zlécaf témoigne la reconnaissance de cet engagement par les pairs africains. Selon Jacqueline Lydia Mikolo, l'enjeu pour le Congo est aussi celui de la diversification de son économie au-delà du pétrole. Les produits "Made in Congo" ont toute leur place sur le marché continental, mais ne garantissent pas leur réussite. « Nos entreprises doivent produire davantage, produire mieux, transformer localement, respecter les normes, innover et gagner en compétitivité. Se formaliser, se digitaliser, se conformer aux normes, se labelliser et accéder aux financements ne sont plus une option, mais une obligation de survie », a-t-elle rappelé. La ministre a mis un accent particulier sur la nécessité d’une Zlécaf inclusive, soulignant que les femmes, qui représentent plus de 70% des commerçantes, doivent être au cœur du dispositif. Elle a annoncé l’organisation d’un forum régional sur les femmes et les jeunes en octobre prochain à Brazzaville, en présence du secrétaire général de la Zlécaf, et a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accélérer la ratification des protocoles d’accord. L’atelier qui se tient sur plusieurs jours vise à valider un dispositif de gouvernance permanente, adopter un calendrier de domestication et de notification, et jeter les bases d’une sélection d’entreprises pilotes. L’objectif ultime est de permettre à une entreprise congolaise d’obtenir l’origine Zlécaf, de déclarer en douane et d’exporter de bout en bout en bénéficiant de la préférence tarifaire. L’ensemble des interventions a convergé sur un point : la Zlécaf est une opportunité historique pour le Congo, mais sa réussite dépendra de la capacité collective à créer des synergies entre le secteur public, le secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers. Jean Pascal Mongo-Slyhm Légendes et crédits photo :Les officiels posant avec les participants /Adiac |