Zone Cémac : forte baisse de la demande de liquidités auprès de la BEAC
Cette baisse de la demande s’explique en partie par des facteurs saisonniers. La fin du premier semestre est souvent marquée par une détente relative des besoins de trésorerie des établissements bancaires après les importantes sollicitations observées en début d’année. Toutefois, les analystes y voient surtout les premiers effets tangibles de la politique monétaire restrictive mise en œuvre par la BEAC pour contenir les tensions inflationnistes. En maintenant le Taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) à 4,75 % et le taux de la facilité de prêt marginal à 6,25 %, l’institution monétaire a considérablement renchéri le coût du refinancement bancaire. Lors de cette dernière adjudication, le taux moyen pondéré des soumissions s’est établi à 4,92 %, un niveau qui incite les banques à limiter leur recours aux ressources de la banque centrale et à rationaliser davantage leur politique de crédit. Face à l’augmentation du coût de l’argent, les établissements financiers de la sous-région se montrent plus sélectifs dans le financement de l’économie. Cette prudence réduit mécaniquement leurs besoins de refinancement auprès de la BEAC. Parallèlement, le développement progressif du marché interbancaire offre des alternatives à certains établissements disposant d’excédents de liquidités. Ces banques préfèrent désormais prêter directement à leurs homologues plutôt que de passer par le guichet de refinancement de la banque centrale, malgré un Taux d’intérêt moyen pondéré qui demeure relativement élevé à 6,53 %. Un signal positif pour la stabilité des prix Pour la BEAC, cette évolution constitue un indicateur encourageant. La diminution de la demande de liquidités confirme que les mesures de resserrement monétaire produisent leurs effets. Une circulation monétaire moins abondante contribue à limiter les pressions inflationnistes et à renforcer la stabilité macroéconomique dans l’ensemble de la zone Cémac. Cette tendance s’inscrit dans la stratégie poursuivie par la banque centrale depuis plusieurs mois pour préserver les équilibres monétaires et soutenir la stabilité de la monnaie commune. Si cette évolution peut être perçue comme un succès du point de vue monétaire, elle suscite néanmoins certaines préoccupations. La contraction de la demande de refinancement pourrait également refléter un ralentissement des investissements du secteur privé ou une plus grande prudence des banques face aux risques économiques et souverains. Dans un contexte où le coût du crédit demeure élevé, le principal enjeu du second semestre sera de préserver le financement de l’économie réelle. Les petites et moyennes entreprises, tout comme les grands projets d’infrastructures, restent fortement dépendants de l’accès au crédit bancaire pour soutenir leurs activités et leurs investissements. Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :Le siège de la BEAC à Yaoundé, au Cameroun/DR |