Carte nationale d’identité : une pièce de plus en plus rare

Vendredi 12 Août 2022 - 15:54

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Véritable casse-tête chinois pour obtenir la carte nationale d’identité, plusieurs Congolais ne savent plus à quel saint se vouer tant les tracasseries et la lenteur administrative restent interminables. Beaucoup ont fini par jeter l’éponge, d’autres entre patience et découragement ont fini par obtenir gain de cause. Ils nous racontent ce long cheminement semé d’embûches, qui a poussé certains citoyens à abandonner la course avant l’obtention de leur pièce d'identité.

« Le 16 juin dernier mon téléphone sonne. Un numéro inconnu m'annonce que ma carte d'identité est enfin prête. Je n'y croyais plus! Cela fait huit mois que je me suis lancée dans ce marathon pour l'obtenir », a informé Sylviane, la cinquantaine qui n’a pas pu effectuer durant toute cette période certaines démarches administratives. « Je ne pouvais pas récupérer de l’argent envoyé de l’étranger. Pour le  salaire, je percevais autour du 15 pour éviter les tracasseries liées à la péremption de ma carte. Et pour couronner le tout, ma carte monétique était expirée », a dit cette dernière.

Soulagement aussi pour Franck Banzounzi qui a reçu la nouvelle comme une délivrance. «  Il y a un mois ma carte monétique avait disparu et je me demandais comment j’allais percevoir mon salaire. Mais quel soulagement quand j’ai reçu en juin dernier un appel m’annonçant que ma carte était disponible alors que je m’étais fait enrôler depuis le mois de février », a indiqué Franck qui n’a pas cessé de faire des allers et retours à la mairie de son arrondissement sans obtenir gain de cause.

Pour Mirna Yombo, la trentaine, l’aventure débute en novembre 2021 et c’est seulement en juin 2022 qu’elle est entrée en possession de sa carte d’identité. « Durant tout le mois de novembre et même une bonne partie du mois de décembre, tous les mardis matins, je me rendais à l'Hôtel de police. Il fallait être parmi les premiers. Et sur place, on ne recevait que 150 personnes inscrites sur la liste tandis qu’on était plusieurs dans l'attente. Alors pendant six semaines, mon nom ne figurait pas sur la liste car j’arrivais après 6h. Une vraie torture ! »,  a expliqué Mirna dont le nom se retrouve la septième semaine sur la liste. “Je n’en revenais pas, j’avais l’impression d’avoir gagné à une course”, a raconté Mirna qui déchante très vite au vu de ce qui l’attend. 

« Une fois les noms sur la liste, on devait payer 100 FCFA pour avoir une chaise et obtenir une fiche d'inscription à remplir à la mairie de notre choix », a fait noter Mirna qui s'est rendue à la mairie de Mfilou alors qu’il pleuvait pour remplir sa fiche.  « Le remplissage de la fiche m'a coûté 3500FCFA, et l’agent m’a demandé de revenir deux jours plus tard pour la photo et l'estampillage moyennant cette fois ci 1000fcfa »,  a-t-elle expliqué. « Erreur ! Je ne sais même plus le nombre de fois que je suis allée réclamer ma carte, mais l’impolitesse et l’arrogance des agents m’ont refroidie et je ne n’y suis plus repartie... », a avancé cette dernière qui tombe des nues quand on lui facture 2000FCFA pour le retrait de sa carte. «Mais ce qui m’a le plus choquée est le fait que ma carte a été émise depuis février 2022 et c’est seulement en juin que j’ai pu la retirer alors que j’avais trimé ces derniers mois pour effectuer des opérations bancaires. Bref, je suis trop dégoûtée », a fait savoir Mirna.

Enfin, comme Sylviane, Franck, Mirna et bien d’autres, les citoyens congolais peinent à obtenir la carte d’identité alors que “cela devrait être comme une lettre à la poste ”, a  indiqué Franck qui, le jour du retrait de sa carte, ne s’est pas retenu pour sermonner les agents de la mairie. « C’est quand même inconcevable que l’émission d’une carte d’identité mette autant de temps, c’est tout de même une pièce indispensable au quotidien », a laissé entendre Franck.

Berna Marty

Légendes et crédits photo : 

Une carte nationale d'identité congolaise

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