Référendum en Crimée : les Occidentaux se préparent à exclure la Russie du G8

Lundi 17 Mars 2014 - 12:31

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Au lendemain du référendum dans la région ukrainienne de Crimée, la Russie est menacée de perdre son statut de membre du G8 par les sept plus grands pays industrialisés du monde. Selon le journal Der Spiegel, qui cite des sources gouvernementales allemandes, le groupe réfléchit actuellement sur le choix de Londres comme lieu de réunion de substitution pour le sommet qui devait avoir lieu en juin à Sotchi

Dans ce contexte de crise, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a assuré que l’Union européenne (UE) était déterminée à imposer des sanctions à la Russie. « Nous essayons d’envoyer le message le plus fort possible à la Russie afin qu’elle comprenne combien la situation est sérieuse, au lendemain du soi-disant référendum en Crimée », a déclaré Catherine Ashton avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles. « J’appelle de nouveau la Russie à entamer le dialogue avec les autorités ukrainiennes et à engager la désescalade le plus rapidement possible. Fort malheureusement, nous ne constatons pas cela », a-t-elle ajouté. Catherine Ashton a précisé que « l’Ukraine veut avoir de bonnes relations avec la Russie, tout comme le veulent l’Union européenne et le reste du monde. »

La rencontre des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles devrait leur permettre de s’entendre sur des sanctions « ciblées » visant des responsables russes ou ukrainiens pro-russes sous la forme de restrictions de visas et de gels d’avoirs.

Le référendum, qui a vu 97,6% des électeurs voter pour l’intégration de la Crimée à la Russie, a suscité les réactions de plusieurs pays, dont les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. « Ce vote ne sera jamais reconnu par les États-Unis et la communauté internationale », a déclaré le président américain Barack Obama lors d’une conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine. Soulignant que ce référendum violait la constitution ukrainienne, le chef de la Maison-Blanche a dit qu’en coordination avec ses partenaires européens, les États-Unis étaient « préparés à imposer des sanctions supplémentaires à la Russie pour ses actions ».

En attendant de concrétiser les sanctions annoncées, Washington et ses alliés demandent d’ores et déjà à Moscou de retirer ses renforts militaires dans sa base en Crimée, où stationne la flotte russe de la mer Noire, d’autoriser les observateurs internationaux à entrer en Crimée et d’amorcer un dialogue avec le gouvernement ukrainien.

Le président français a quant à lui déclaré que son pays, comme l’UE, ne reconnaîtrait pas la validité de cette « pseudo-consultation » en Crimée. « Il y avait eu une échelle de sanctions qui avait été définie par le Conseil européen », a-t-il rappelé, ajoutant qu’« il y aura usage s’il n’y a pas désescalade lundi de ces sanctions » à l’égard de la Russie, lors de la réunion du conseil des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. « Je souhaite qu’il y ait désescalade, qu’il y ait un groupe de contact qui puisse trouver des solutions dans le cadre de l’intégrité territoriale de l’Ukraine », a-t-il insisté. Pour ce qui est des sanctions prévues, le président français a précisé qu’elles porteraient sur les visas et des avoirs financiers.

La péninsule de la Crimée a été conquise au XVIIIe siècle par la Russie sur les Turcs. Elle a été offerte à l’Ukraine en mai 1954 lorsque l’Ukraine était une république de l’Union soviétique. Cette république autonome est devenue l’épicentre de la crise en cours en Ukraine depuis que le président Viktor Ianoukovitch, proche du Kremlin, a été évincé par le Parlement ukrainien le 22 février. Le 11 mars, le Conseil suprême de Crimée a adopté une résolution de déclaration d’indépendance pour ouvrir la voie au référendum qui s’est tenu dimanche et qui a conduit la population à voter pour le rattachement de cette région à la Fédération de Russie.

Nestor N'Gampoula