Entrepreneuriat : Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo mise sur la transformation agroalimentaire
Pour s’approvisionner, la jeune dame se tourne vers les producteurs et les fournisseurs des marchés. Une démarche qui devient de plus en plus contraignante avec la fluctuation des prix et les ruptures d’approvisionnement. « Ce n’est pas vraiment facile d’avoir la matière première en ce moment. Les prix changent tout le temps. Tu peux arriver au marché ou appeler un fournisseur et constater qu’il n’a plus rien. Et là, tu es bloqué », a-t-elle signifié. Face à cette situation, l’entrepreneure veut produire elle-même une partie des matières premières qu’elle transforme. Après avoir suivi une formation en agriculture et en transformation agroalimentaire, elle envisage désormais de développer sa propre production. « C’est mieux de produire sa matière première et de la transformer ensuite. Comme cela, je pourrai aussi vendre une partie de ma production », a-t-elle assuré. Cette démarche, a-t-elle dit, permettrait de mieux maîtriser son approvisionnement, mais aussi de réduire sa dépendance aux fournisseurs et aux variations de prix. Sa participation à la foire a de ce fait constitué une opportunité de gagner en visibilité et de développer son réseau professionnel. « La foire m’a apporté de la visibilité. Il y a des personnes qui ne me connaissaient pas encore et cela a permis de leur faire découvrir mes produits et de développer mon carnet d’adresses », a fait savoir Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo.
Sa vision traduit la conviction selon laquelle le développement de l’entrepreneuriat passe aussi par la coopération entre acteurs. Sélectionnée lors de la foire, parmi trois cents candidatures dans le cadre d’une formation en entrepreneuriat par le Projet agriculture jeunes et entrepreneuriat (Paje), la promotrice de « DolceVita » nourrit désormais l’ambition d’améliorer son outil de production. Son projet porte particulièrement sur les purées et les épices. La formation lui a déjà permis d’obtenir deux déshydrateurs ainsi qu’un motoculteur pour sa production agricole. Mais elle réalise que ses besoins restent importants, notamment en matière d’équipements de transformation et de packaging. « Pour la transformation, le matériel coûte cher et il est difficile d’en avoir, si le Paje peut me soutenir dans l’acquisition de ce matériel cela va beaucoup m’aider », a laissé entendre Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo. Elle souhaite disposer de plusieurs appareils afin d’éviter que les saveurs et les odeurs des différents produits ne se mélangent. Pour cette entrepreneure, l’enjeu est de passer progressivement d’une petite production à une activité mieux structurée, capable de maîtriser sa matière première, ses équipements et son conditionnement. À travers « DolceVita », Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo défend ainsi une transformation agroalimentaire ancrée dans le local qui cherche à franchir le cap de la production, la transformation, la valorisation et, à terme, la création d’une chaîne de production davantage maîtrisée. Durly Emilia Gankama Légendes et crédits photo :1- Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo., promotrice de la start-up « Dolcevita » / Adiac
2- Un échantillon des produits fabriqués par Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo / Adiac |