Entrepreneuriat : Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo mise sur la transformation agroalimentaire

Lundi 24 Août 2026 - 17:29

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Jadis perçue comme une activité de dernier recours, l’agriculture séduit de plus en plus de jeunes. Ce constat se traduit sur le terrain, où certains choisissent d’aller au-delà de la production pour valoriser les récoltes et les transformer en produits finis. Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo, rencontrée à la deuxième édition de la Grande foire agricole du Congo, à Bambou-Mingali, dans le département d’Igné, fait partie de ces jeunes agripreneurs. Son pari est de créer de la valeur ajoutée aux produits agricoles du quotidien.

Promotrice de la start up « Dolcevita », Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo s’est lancée dans l’agrobusiness. Purées de piment, d’ail, de ciboulette et d’oignon, chips de manioc et de taro, croquettes, biscuits ou encore bouillies infantiles, son activité repose sur la transformation des produits locaux pour leur donner davantage de valeur.

Pour s’approvisionner, la jeune dame se tourne vers les producteurs et les fournisseurs des marchés. Une démarche qui devient de plus en plus contraignante avec la fluctuation des prix et les ruptures d’approvisionnement. « Ce n’est pas vraiment facile d’avoir la matière première en ce moment. Les prix changent tout le temps. Tu peux arriver au marché ou appeler un fournisseur et constater qu’il n’a plus rien. Et là, tu es bloqué », a-t-elle signifié.

Face à cette situation, l’entrepreneure veut produire elle-même une partie des matières premières qu’elle transforme. Après avoir suivi une formation en agriculture et en transformation agroalimentaire, elle envisage désormais de développer sa propre production. « C’est mieux de produire sa matière première et de la transformer ensuite. Comme cela, je pourrai aussi vendre une partie de ma production », a-t-elle assuré.

Cette démarche, a-t-elle dit, permettrait de mieux maîtriser son approvisionnement, mais aussi de réduire sa dépendance aux fournisseurs et aux variations de prix. Sa participation à la foire a de ce fait constitué une opportunité de gagner en visibilité et de développer son réseau professionnel. « La foire m’a apporté de la visibilité. Il y a des personnes qui ne me connaissaient pas encore et cela a permis de leur faire découvrir mes produits et de développer mon carnet d’adresses », a fait savoir Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo.

Cette dimension collective lui a paru d’autant plus importante que les petites entreprises font face à des difficultés similaires. Pour elle, le partage d’informations et la mutualisation des commandes peuvent constituer une véritable stratégie de développement. « Le marché est encore petit. Entre nous, nous pouvons facilement collaborer. Si, par exemple, nous devons commander des emballages en Chine et qu’une personne n’a pas les moyens de le faire seule, nous pouvons nous mettre à deux, trois, quatre ou cinq, réunir l’argent, passer la commande et nous partager les produits à l’arrivée », a-t-elle estimé.

Sa vision traduit la conviction selon laquelle le développement de l’entrepreneuriat passe aussi par la coopération entre acteurs. Sélectionnée lors de la foire, parmi trois cents candidatures dans le cadre d’une formation en entrepreneuriat par le Projet agriculture jeunes et entrepreneuriat (Paje), la promotrice de « DolceVita » nourrit désormais l’ambition d’améliorer son outil de production. Son projet porte particulièrement sur les purées et les épices. La formation lui a déjà permis d’obtenir deux déshydrateurs ainsi qu’un motoculteur pour sa production agricole.

Mais elle réalise que ses besoins restent importants, notamment en matière d’équipements de transformation et de packaging. « Pour la transformation, le matériel coûte cher et il est difficile d’en avoir, si le Paje peut me soutenir dans l’acquisition de ce matériel cela va beaucoup m’aider », a laissé entendre Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo.

Elle souhaite disposer de plusieurs appareils afin d’éviter que les saveurs et les odeurs des différents produits ne se mélangent. Pour cette entrepreneure, l’enjeu est de passer progressivement d’une petite production à une activité mieux structurée, capable de maîtriser sa matière première, ses équipements et son conditionnement.

À travers « DolceVita », Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo défend ainsi une transformation agroalimentaire ancrée dans le local qui cherche à franchir le cap de la production, la transformation, la valorisation et, à terme, la création d’une chaîne de production davantage maîtrisée.

Durly Emilia Gankama

Légendes et crédits photo : 

1- Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo., promotrice de la start-up « Dolcevita » / Adiac 2- Un échantillon des produits fabriqués par Gracia Vidouce M’Bouiba-Mpolo / Adiac

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