Littérature : James Gassongo présente et dédicace son ouvrage « Les malades en vadrouille »
Quant à la place de ce recueil de nouvelles dans la littérature congolaise, Aubin Banzouzi pense qu'il prolonge la tradition de la "littérature de désenchantement" née après les indépendances. A travers cet ouvrage, James Gassongo se rapproche d’Alain Mabanckou par la verve, mais reste plus ancré dans le terroir brazzavillois, moins tourné vers l’international. C’est une littérature du dedans, pour le dedans. « ''Les malades en vadrouille'' n’est pas un livre confortable. C’est un miroir que Gassongo tend à sa société. La maladie dont il parle est contagieuse: l’indifférence, la lâcheté, la course à l’argent facile. Le remède qu’il propose n’est pas dans le livre, il est chez le lecteur. En cela, l’œuvre est profondément morale: elle croit encore que la littérature peut secouer les consciences pour un éveil et une marche accélérée vers le bon sens, la décence et l’émergence des valeurs pour étouffer les antivaleurs omniprésentes qui retardent le développement de notre pays le Congo, en particulier, et de l’Afrique, en général », a conclu Aubin Banzouzi.
Une œuvre de lucidité radicale Enfin, le critique a fait savoir que le recueil Les malades en vadrouille est une œuvre qui refuse le confort, c’est une œuvre de lucidité radicale. Elle refuse le confort du lecteur, en ne lui offrant aucune catharsis facile. Elle refuse le confort de l’auteur, en idéalisant ni les personnages ni la société. Elle refuse enfin le confort de la critique, en ne se laissant réduire à aucune étiquette unique. Ce recueil, a-t-il poursuivi, est tout à la fois un document sociologique sur l’Afrique contemporaine; une médiation philosophique sur l’identité et la responsabilité; une enquête psychanalytique sur le refoulement et le retour du réel; une critique médicale de systèmes de santé défaillants; et, par-dessus tout, une œuvre littéraire dont les métaphores, la prison invisible, le fleuve implacable, la nuit où naissent les combats intérieurs sont du bois dont on fait les grandes œuvres. Ainsi, James Gassongo s’inscrit, avec ce recueil, dans la lignée des auteurs africains qui refusent que la littérature soit un ornement. A l’instar de Sony Labou Tansi qui disait écrire «pour tuer la mort», comme Wole Soyinka qui bondit sur sa proie sans la proclamer, Gassongo écrit pour que la vérité ne suffoque pas davantage.
Pour l’auteur, la «vadrouille» est comme l’errance sans issue. En effet, James Gassongo pense que la vadrouille suggère un mouvement, mais un mouvement sans but précis, une déambulation. Sur le plan géographique, le voyage part de Matata ville au point de contrôle d’Imeni, jusqu’à un court séjour à Paris. Mais peu importe le lieu, le malaise persiste. Il parle aussi de l’instabilité du fait que les personnages sont en transit permanent, incapables de trouver une stabilité dans une société «en ruines». Ils errent dans une «geôle sans barreaux», comme le dit Lekissa. Dans ce recueil, chaque titre de nouvelle explore une pathologie différente de la condition humaine. Bruno Zéphirin Okokana Légendes et crédits photo :1- James Gassongo dédicaçant son ouvrage/ Adiac
2- L'auteur au milieu du panel / Adiac
3- Un échantillon d’invités posant avec l’auteur/ Adiac |