Littérature : James Gassongo présente et dédicace son ouvrage « Les malades en vadrouille »Vendredi 22 Mai 2026 - 20:21 Le recueil de nouvelles de 216 pages, paru aux éditions Le Lys Bleu en France, a été présenté et dédicacé par son auteur, James Gassongo, devant une kyrielle d’invités à la maison russe de Brazzaville. « Les malades en vadrouille », ouvrage à l’honneur, met en lumière des personnages qui, malgré leur "maladie" sociale, trouvent des moments de grâce. Retour sur les temps forts de cette cérémonie.
Quant à la place de ce recueil de nouvelles dans la littérature congolaise, Aubin Banzouzi pense qu'il prolonge la tradition de la "littérature de désenchantement" née après les indépendances. A travers cet ouvrage, James Gassongo se rapproche d’Alain Mabanckou par la verve, mais reste plus ancré dans le terroir brazzavillois, moins tourné vers l’international. C’est une littérature du dedans, pour le dedans. « ''Les malades en vadrouille'' n’est pas un livre confortable. C’est un miroir que Gassongo tend à sa société. La maladie dont il parle est contagieuse: l’indifférence, la lâcheté, la course à l’argent facile. Le remède qu’il propose n’est pas dans le livre, il est chez le lecteur. En cela, l’œuvre est profondément morale: elle croit encore que la littérature peut secouer les consciences pour un éveil et une marche accélérée vers le bon sens, la décence et l’émergence des valeurs pour étouffer les antivaleurs omniprésentes qui retardent le développement de notre pays le Congo, en particulier, et de l’Afrique, en général », a conclu Aubin Banzouzi.
Une œuvre de lucidité radicale Enfin, le critique a fait savoir que le recueil Les malades en vadrouille est une œuvre qui refuse le confort, c’est une œuvre de lucidité radicale. Elle refuse le confort du lecteur, en ne lui offrant aucune catharsis facile. Elle refuse le confort de l’auteur, en idéalisant ni les personnages ni la société. Elle refuse enfin le confort de la critique, en ne se laissant réduire à aucune étiquette unique. Ce recueil, a-t-il poursuivi, est tout à la fois un document sociologique sur l’Afrique contemporaine; une médiation philosophique sur l’identité et la responsabilité; une enquête psychanalytique sur le refoulement et le retour du réel; une critique médicale de systèmes de santé défaillants; et, par-dessus tout, une œuvre littéraire dont les métaphores, la prison invisible, le fleuve implacable, la nuit où naissent les combats intérieurs sont du bois dont on fait les grandes œuvres. Ainsi, James Gassongo s’inscrit, avec ce recueil, dans la lignée des auteurs africains qui refusent que la littérature soit un ornement. A l’instar de Sony Labou Tansi qui disait écrire «pour tuer la mort», comme Wole Soyinka qui bondit sur sa proie sans la proclamer, Gassongo écrit pour que la vérité ne suffoque pas davantage.
Pour l’auteur, la «vadrouille» est comme l’errance sans issue. En effet, James Gassongo pense que la vadrouille suggère un mouvement, mais un mouvement sans but précis, une déambulation. Sur le plan géographique, le voyage part de Matata ville au point de contrôle d’Imeni, jusqu’à un court séjour à Paris. Mais peu importe le lieu, le malaise persiste. Il parle aussi de l’instabilité du fait que les personnages sont en transit permanent, incapables de trouver une stabilité dans une société «en ruines». Ils errent dans une «geôle sans barreaux», comme le dit Lekissa. Dans ce recueil, chaque titre de nouvelle explore une pathologie différente de la condition humaine. Bruno Zéphirin Okokana Légendes et crédits photo :1- James Gassongo dédicaçant son ouvrage/ Adiac
2- L'auteur au milieu du panel / Adiac
3- Un échantillon d’invités posant avec l’auteur/ Adiac Notification:Non |


L'activité a été ouverte par l’abbé Aubin Banzouzi, prêtre, écrivain et critique littéraire, qui dans sa présentation de l’ouvrage, a précisé à l’auditoire que James Gassongo est un écrivain congolais de Brazzaville, connu pour sa plume alerte et son regard sans complaisance sur la société. Le recueil de nouvelles Les malades en vadrouille s’inscrit dans la veine réaliste et satirique de la littérature congolaise contemporaine. Il rassemble huit nouvelles qui mettent en scène des personnages "malades" au sens large: malades du corps, mais surtout malades de l’âme, de la société, du pouvoir... La "vadrouille" évoque l’errance, le désordre, la fuite. Ce ne sont pas seulement des patients qui fuient l’hôpital, mais des citoyens qui fuient leur condition, leurs responsabilités, leur conscience.
Dans sa critique, Quentin Gildas Moukambou a fait une étude polyphonique en abordant les approches littéraire, philosophique, psychologique, sociologique et médicale. Pour lui, le recueil de James Gassongo est une œuvre au carrefour du malaise et de la lucidité... Il estime que trois métaphores filées structurent l’écriture de Gassongo et lui confèrent sa cohérence thématique. Dans son évaluation critique, Quentin Gildas Moukambou pense que la puissance symbolique de la maladie comme métaphore totale, à la fois intime et politique, constitue l’originalité majeure de ce recueil. Peu d’auteurs africains contemporains ont réussi cette translation avec autant de cohérence. La profondeur des questionnements identitaires, la critique sociale documentée, la richesse stylistique, métaphores filées, lyrisme maîtrisé et la cohérence thématique d’un recueil fragmenté distinguent ce texte de la simple littérature à thèse.
Prenant la parole, l’auteur a fait savoir que le titre global du recueil, «Les malades en vadrouille», n’est pas seulement le titre de la troisième nouvelle ; c’est le fil conducteur métaphorique qui relie ces huit récits. James Gassongo cite la maladie comme métaphore sociale. Dans ce recueil, a-t- il dit, la «maladie» n’est pas que biologique (Comme pour la mère du Pr Pimpa ou les patients de l’hôpital Mawa). Elle est morale et systémique.








