Marché financier : la Cosumaf parie sur l’épargne régionale pour stimuler les économies
La première catégorie concerne les ressortissants d’Afrique centrale vivant en Europe, dans les pays du Golfe ou encore en Amérique du Nord. En 2024, la diaspora avait transféré environ 1 354 milliards FCFA vers la sous-région, soit un montant quasiment équivalent à l’ensemble des actifs actuellement gérés par le marché financier régional. D’après les données évoquées par l’experte, ces transferts représenteraient près de 80 % des flux financiers entrants dans la zone. « Ces populations connaissent les mécanismes financiers modernes, mais elles attendent encore des produits adaptés et surtout des intermédiaires en qui elles ont confiance », a-t-elle expliqué. La deuxième catégorie est constituée de la diaspora africaine, présente au Nigeria, en Côte d’Ivoire ou en Afrique du Sud. Une population souvent oubliée, d’après Danielle Cécilia Bunduku-Latha, mais qui reste fortement impliquée dans les transferts d’argent vers les familles restées au pays. Elle a toutefois souligné le coût élevé de ces transferts intra-africains, estimant qu’ils sont environ 23 % plus chers que dans d’autres régions du monde. Enfin, l’experte a évoqué l’importance de l’épargne informelle locale, incarnée par les tontines, les caisses communautaires ou encore l’argent conservé à domicile. « Ce sont des personnes très disciplinées qui cotisent chaque mois depuis des années sans jamais accéder aux produits du marché financier », a-t-elle fait remarquer. Pour la représentante de la Cosumaf, ces différentes formes d’épargne constituent un « trésor » encore insuffisamment exploité par les acteurs financiers de la sous-région. Malgré ce potentiel, la part des particuliers dans les investissements du marché financier reste très faible, estimée à seulement 7 %. Pour expliquer cette situation, Danielle Cécilia Bunduku-Latha a identifié trois principaux obstacles : le manque de confiance, la complexité des produits financiers et les difficultés d’accès. La population accorde davantage sa confiance à des personnes qu’à des institutions. Contrairement aux fonds d’investissement, les tontines disposent souvent d’un visage connu et rassurant. À cela s’ajoutent des contraintes d’accès, notamment géographiques et technologiques, qui limitent encore l’intégration de la population au système financier formel. Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :Les chiffres abyssaux sur l'épargne régionale /Adiac |