Marché financier : la Cosumaf parie sur l’épargne régionale pour stimuler les économiesVendredi 29 Mai 2026 - 18:48 Intervenant lors de la cinquième édition de l’Africa capital forum organisée les 28 et 29 mai à Brazzaville, Danielle Cécilia Bunduku-Latha, experte à la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), a plaidé pour une meilleure intégration de l’épargne de la diaspora et des circuits informels dans le financement des économies de la sous-région.
La première catégorie concerne les ressortissants d’Afrique centrale vivant en Europe, dans les pays du Golfe ou encore en Amérique du Nord. En 2024, la diaspora avait transféré environ 1 354 milliards FCFA vers la sous-région, soit un montant quasiment équivalent à l’ensemble des actifs actuellement gérés par le marché financier régional. D’après les données évoquées par l’experte, ces transferts représenteraient près de 80 % des flux financiers entrants dans la zone. « Ces populations connaissent les mécanismes financiers modernes, mais elles attendent encore des produits adaptés et surtout des intermédiaires en qui elles ont confiance », a-t-elle expliqué. La deuxième catégorie est constituée de la diaspora africaine, présente au Nigeria, en Côte d’Ivoire ou en Afrique du Sud. Une population souvent oubliée, d’après Danielle Cécilia Bunduku-Latha, mais qui reste fortement impliquée dans les transferts d’argent vers les familles restées au pays. Elle a toutefois souligné le coût élevé de ces transferts intra-africains, estimant qu’ils sont environ 23 % plus chers que dans d’autres régions du monde. Enfin, l’experte a évoqué l’importance de l’épargne informelle locale, incarnée par les tontines, les caisses communautaires ou encore l’argent conservé à domicile. « Ce sont des personnes très disciplinées qui cotisent chaque mois depuis des années sans jamais accéder aux produits du marché financier », a-t-elle fait remarquer. Pour la représentante de la Cosumaf, ces différentes formes d’épargne constituent un « trésor » encore insuffisamment exploité par les acteurs financiers de la sous-région. Malgré ce potentiel, la part des particuliers dans les investissements du marché financier reste très faible, estimée à seulement 7 %. Pour expliquer cette situation, Danielle Cécilia Bunduku-Latha a identifié trois principaux obstacles : le manque de confiance, la complexité des produits financiers et les difficultés d’accès. La population accorde davantage sa confiance à des personnes qu’à des institutions. Contrairement aux fonds d’investissement, les tontines disposent souvent d’un visage connu et rassurant. À cela s’ajoutent des contraintes d’accès, notamment géographiques et technologiques, qui limitent encore l’intégration de la population au système financier formel. Fiacre Kombo Légendes et crédits photo :Les chiffres abyssaux sur l'épargne régionale /Adiac Notification:Non |


La mobilisation de l’épargne régionale était l’une des thématiques clés abordées lors de l’édition 2026 de l’Africa capital forum. À cette occasion, l'experte Danielle Cécilia Bunduku-Latha a présenté une réflexion sur le thème « Marché financier, diaspora et épargne informelle ». Selon elle, trois grandes sources d’épargne constituent aujourd’hui un potentiel considérable pour le financement des économies africaines : la diaspora internationale, la diaspora africaine et l’épargne informelle locale.








