Master CCA : Brazzaville accueille ses toutes premières soutenances
Le partenariat noué il y a deux ans entre l'Onec, l'ISG et l'Intec a changé la donne. « Aujourd'hui, ils accèdent facilement à cette formation en s'inscrivant à l'ISG, dans le cadre de ce partenariat », souligne le président Brice Voltaire Etou Obami. « La formation, c'est le pilier. Nous ne pouvons rien faire si les gens ne se forment pas », a-t-il ajouté. Un parcours calibré sur les standards internationaux Le master CCA délivré par le Cnam est un diplôme national de niveau bac+5, reconnu dans l'espace européen de l'enseignement supérieur. Au Congo, le dispositif suit une progression rigoureuse : après la licence, les étudiants poursuivent en master 1 puis en master 2 avant de se présenter au diplôme supérieur de comptabilité et gestion, avec seulement quelques épreuves complémentaires à valider. Ils intègreront ensuite les cabinets en tant qu'experts comptables stagiaires pendant trois ans, au terme desquels ils pourront prétendre au DEC et à l'inscription au tableau de l'Ordre. Pour le président Etou Obami, l'enjeu est autant quantitatif que qualitatif. « Dans quelques années, nous aurons un nombre important d'experts comptables inscrits à l'Ordre, parce que ces jeunes gens auront suivi l'intégralité de leur parcours ici, au Congo », est-il convaincu. La parole aux candidats Parmi les étudiants de cette session historique, Sadem Brel Madzandou a soutenu un mémoire portant sur l'impact des écritures de clôture sur les états financiers. Il ressort de l'exercice avec le sentiment du travail accompli. « La soutenance s'est très bien passée. Le jury était rigoureux, les questions pertinentes, et c'est ce qu'on attend », a-t-il dit, avant d'adresser une pensée à l'institution qui a rendu l'aventure possible. « Nous remercions l'Ordre des experts comptables du Congo, parce que pour la première fois, il a apporté quelque chose qui n'existait pas ici. Nous pouvons maintenant être formés au Congo, sans avoir besoin de nous déplacer », s'est-il réjoui. Atipo Aristide Exaucé, lui, a planché sur un sujet ancré dans les réalités du terrain : l'évaluation de l'impact du stress et de la charge au travail sur la performance des auditeurs. Son objectif était de proposer aux dirigeants de cabinets des leviers concrets de suivi et d'amélioration. « Les auditeurs sont confrontés à de fortes pressions tous les jours. Il fallait déterminer si ce contexte impacte positivement ou négativement leur performance », a-t-il expliqué, ajoutant: « Nous sommes contents et fiers du travail abattu ». Deux voix parmi une vingtaine, mais qui disent l'essentiel : une génération d'experts comptables congolais est en train de se former, sur place, selon les standards internationaux qui feront d'elle une profession reconnue bien au-delà des frontières du pays. Quentin Loubou Légendes et crédits photo :Le jury face à un étudiant à l'ISG / Adiac |