Théâtre : trois jours de spectacle pour divertir, dénoncer et éveiller les consciences
Le premier jour, le ton a été donné avec « Le cri de la forêt ». La pièce transporte le public à Mbala, un village fictif rongé par la déforestation. Le chef Kamona, autoritaire et cupide, y encourage l’exploitation anarchique du bois. Sur scène, les conséquences sont sans appel : érosion, sécheresse, famine. À travers cette œuvre, Henri Djombo interpelle sur l’urgence de protéger les forêts et invite à un usage responsable des ressources naturelles. Une pédagogie engagée qui résonne avec les défis environnementaux actuels.
Malgré l’absence imprévue d’un acteur principal, la troupe a su s’adapter et maintenir le cap. « Il fallait faire du théâtre, ne pas décevoir le public », confie le metteur en scène, Osée Colins Kouagné. « Quand on veut le changement, il faut être prêt à se battre, parfois même à tout donner », ajoute-t-il, saluant le courage des personnages comme des comédiens. Sur scène, Sarah Dissinda a incarné avec force cette femme de principes. « Ce personnage porte des valeurs que je partage. Le public nous a portés, et cela rend chaque représentation unique », témoigne-t-elle, émue par l’accueil chaleureux de la salle. Dans le public, l’honorable Féréol Gassackys se dit interpellé : « Ce n’est pas seulement une pièce, c’est un miroir de notre société. Elle nous invite à nous remettre en question et à choisir entre construire ou détruire ».
À la clôture, la directrice de la Maison russe, Maria Fakhrutdinova, salue « une jeunesse nombreuse et engagée » et rappelle que cette célébration coïncide avec les 250 ans du prestigieux théâtre Bolchoï en Russie. « Chaque représentation permet de redécouvrir ces œuvres, toujours actuelles et universelles », se réjouit-elle, au terme des trois jours de spectacle. Prenant la parole, Henri Djombo insiste sur le rôle fondamental de la culture. « C’est par elle que nous formons les hommes de demain », dit-il. Entre environnement, gouvernance et démocratie, ses pièces auront, en trois jours, dressé un portrait sans complaisance mais porteur d’espoir des sociétés africaines. A cet effet, l’auteur a souhaité que les écoles, les universités et les institutions s’approprient davantage le théâtre afin d’animer régulièrement la vie culturelle avec des spectacles de qualité. « Il est essentiel de valoriser et d’exploiter ce potentiel pour faire briller la culture congolaise au bénéfice de tous », conclut-il. Merveille Jessica Atipo Légendes et crédits photo :1- Les comédiens sur les planches lors de la 2e et troisième journée /Adiac
2- Une vue des officiels et des autres spectateurs /Adiac
3- Une photo collage de l’écrivain à l’honneur lors de son mot ainsi que de la directrice de la Maison russe posant avec les comédiens /Adiac
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