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VeilleJeudi 4 Avril 2019 - 12:29 De ce qui se passe actuellement en Algérie avec la démission du président Abdelaziz Bouteflika, sous la pression pacifique de la rue, ressort l'idée simple selon laquelle au-delà du pouvoir politique que détiennent les institutions démocratiques, le peuple est capable aujourd'hui de faire entendre sa voix de façon pacifique avec une force telle que sa volonté finit par l'emporter. Voilà qui n'a rien de bien nouveau, dira-t-on, puisque l'Histoire des nations sur les cinq continents a été émaillée d'évènements de ce genre. Certes, mais ce qui est nouveau dans les faits auxquels nous assistons, c'est qu'à aucun moment la brutalité, la force, la violence n'ont transformé les citoyens qui manifestaient dans les rues d'Alger, d'Oran et autres grandes cités en émeutiers assoiffés de sang et prêts à tout pour imposer leur loi. C'est aussi que les forces de l'ordre elles-mêmes n'ont pas recouru aux armes pour tenter d'empêcher les manifestations qui se déroulaient dans le calme sur toute l'étendue du pays. L'on est donc très loin des processus qui ont marqué les révolutions dans les siècles passés et même si cela ne garantit pas que la suite de l'Histoire se déroulera toujours dans le calme, la sérénité, un pas important a été franchi en Afrique du nord sur la voie de la démocratie participative. D'où cette idée relevant du simple bon sens dont les gouvernants de tous les pays démocratiques devraient maintenant s’imprégner, selon laquelle rien n'est plus important, si du moins ils veulent préserver leur paix intérieure, que de mettre en place une veille permettant de saisir, de comprendre, d'anticiper même les mouvements sociaux. Sans porter atteinte à la liberté individuelle et collective sur laquelle repose toute démocratie digne de ce nom, une écoute attentive et continue de la population est désormais possible et indispensable. Il suffit, pour s'en convaincre, de se rendre sur les réseaux sociaux qui prolifèrent sur la toile - autrement dit le Web - et de s'attacher, en toute objectivité bien sûr, à décrypter le vrai du faux dans les informations que ceux-ci véhiculent avec une force de plus en plus grande. L'une des leçons que l'Algérie donne aujourd'hui au monde est bien celle de la nécessité de cette veille qui ne relève évidemment en rien de l'espionnage.
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