Opinion
- Éditorial - Les Dépêches de Brazzaville
- Réflexion - Jean-Paul Pigasse
- Le fin mot du jour - Gankama N'Siah
- Humeur - Faustin Akono
- Chronique - Emmanuel Mbengue
- Brin d’histoire - Mfumu
- Tribune libre - Sergueï Lavrov
- Idées-forces - Les Dépêches de Brazzaville
- Analyse - Xinhua
Afrique et intégrationSamedi 30 Mai 2026 - 17:32 L'annonce faite par le président Denis Sassou N’Guesso de supprimer les visas pour les Africains se rendant au Congo a ouvert un débat de sept mois. C'est en effet le 1er janvier 2027 que la mesure est censée entrer en vigueur. Les avis sont partagés. D'un côté, le Congo est félicité pour avoir emboîté le pas à d'autres pays, pas encore nombreux sur la liste il faut le dire, qui l'ont précédé sur cette voie. L’écho était plutôt retentissant parmi les délégués des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement qui y ont vu la preuve de l’engagement de Brazzaville à promouvoir l'intégration continentale tant prônée. De l'autre côté, pour ne pas dire au plan intérieur, l'attention est portée sur les dispositions que les pouvoirs publics devront prendre pour gérer avec parcimonie les flux migratoires aux frontières. À tous égards, les services impliqués dans l'accueil et le contrôle des étrangers sont les premiers concernés dans l’observation par les éventuels requérants de la contrepartie exigée, à savoir « quelques dispositions administratives et sécuritaires minimales ». La date choisie par le chef de l'État pour décider de l’ouverture des frontières congolaises « aux peuples africains » est symbolique dans la mesure où, le 25 mai de chaque année, le continent se souvient de la création en 1963 par les « Pères des indépendances », de sa maison politique et diplomatique commune, l'Organisation de l'unité africaine devenue, en 2002, l’Union africaine (UA). Bénin, Burkina Faso, Gambie, Ghana, Rwanda, Seychelles, Togo, à terme, Congo, les pays à « entrée libre » pour tous les Africains se comptent encore sur les doigts d’une main alors même que dans son « Agenda 2063 », l’UA dont globalement tous les Etats du continent sont membres, se projette vers une Afrique « sans frontières » pour réaliser le rêve de la libre circulation des personnes et des biens. L’objectif est noble mais les appréhensions demeurent nombreuses chez ceux qui, comme le soulignait le président de la République, s’arcboutent « aux égoïsmes et aux nationalismes étroits », là où, au contraire, « les grands ensembles régionaux et les communautés économiques régionales » fonctionnant comme les moteurs du développement devaient tourner à plein régime. Les menaces de divers ordres auxquelles le monde est de nos jours confronté ne laissent pas la place aux ambiguïtés. L’Afrique doit se lever d’un bon pied et prendre la place qui lui revient aux côtés des autres continents. Gankama N'Siah Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |

