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Libre sous l’occupation

Lundi 30 Août 2021 - 19:45

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Il y a exactement vingt ans, la mouvance fondamentaliste islamiste afghane avait été contrainte de quitter le pouvoir sous la pression de la coalition de l’OTAN menée par les Américains. Elle a quitté l’Afghanistan avec corps et armes pour s’installer au Pakistan voisin. Ayant dirigé le pays de 1996 à 2001, ces fondamentalistes, nommés Talibans, avaient fait régner la terreur sur les populations avec un régime basé sur l’application rigoriste de la charia.

Aujourd’hui, à la faveur du désengagement de la communauté internationale, notamment le retrait des soldats occidentaux et la fuite du président afghan, Asharaf Ghani, les Talibans ont signé leur retour avec la prise de Kaboul, la capitale politique, après avoir assujetti les autres villes du pays.

Chat échaudé craignant jusqu’à l’eau froide, la reprise de pouvoir par les Talibans est, de l’avis de moult observateurs, problématique sur beaucoup d’aspects et laisse entrevoir déjà une régression des droits fondamentaux, plus particulièrement ceux des femmes en Afghanistan. Cette régression va de l’interdiction des femmes de sortir en l’absence d’un tuteur masculin, en passant par le port obligatoire d'une tenue couvrant intégralement le corps ; l’adultère avéré ou supposé puni d’une peine de mort par lapidation, jusqu’à l’interdiction d'être scolarisées au collège ou d'occuper un emploi dans l’administration publique. La liste des entraves aux droits des femmes n’est pas exhaustive.

Pour les hommes, la tenue vestimentaire anti-occidentale et la taille de la barbe sont réglementées. Est-il besoin de rappeler que lorsqu’ils dirigeaient le pays il y a une vingtaine d’années, les Talibans ne toléraient pas de voir les femmes étudier ou travailler. Rien ne les empêcherait de refaire la même chose, cependant.

Tout ceci explique le spectacle désolant projeté par des Afghans qui tentent de fuir leur pays, par tous les moyens. Désespérés, certains s’agrippent aux carlingues des avions en phase de décollage, tel gribouille, pour échapper à l’enfer probable. C’est dire la précarité de la situation qui s’empare de la population. Sous l’occupation américaine, les Afghans avaient goûté aux délices de la liberté. Ils avaient acquis le droit de disposer d’eux-mêmes. Cela se traduisait par l’émancipation et l’indépendance des femmes qui se scolarisent, travaillent dans les administrations ou dans des salons de soins esthétiques.

Pour l’instant le discours des Talibans se veut policé et rassurant quant au respect des droits humains, surtout ceux des femmes. Leurs porte-paroles ont affirmé qu'ils laisseront les femmes « travailler dans le respect des principes de l'islam » et que le port de la burqa ne serait plus obligatoire. Peu d’observateurs ne croient à ce discours lénifiant et l’inquiétude ne faiblit pas. Le ton est déjà donné au regard des scènes qui se développent dans les rues de Kaboul. Aux frontons des magasins, des images de reproduction des femmes ont été repeintes ou défigurées. Cette attitude des Talibans promet, pour ceux qui doutent encore, des lendemains torrides. La plupart des Afghans n’ont plus d’illusions à se faire. La prise de pouvoir par les Talibans et le départ des Américains sonnent la « fin du monde », surtout pour ceux ayant collaboré avec ces occidentaux.

Paradoxe ! De ce qui se déroule actuellement en Afghanistan, on pourrait être amené à croire que les Afghans auraient vécu en liberté sous l’occupation des Occidentaux. Le fait est que de milliers d’entre eux tentent désormais de quitter le pays, fuyant l’oppression des Talibans, inéluctable.

Valentin Oko

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