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Ces oubliés et ces méconnus de l’histoire congolaise : littérature congolaise, bilan élogieux

Samedi 18 Août 2018 - 16:22

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Brazzaville est, sans conteste, une ville de littérature autant que de musique. Si la seconde s’essouffle face à la montée des musiques naguère satellites, la première continue de tenir le haut du pavé, faisant du Congo, en dépit d’une absence de politique culturelle, un grand pays de littérature. Epiphénomène de la musique, la sape s’est autonomisée. Il y a quelques temps, nos sapeurs ont provoqué un véritable «tsunami » au Japon,  lors d’une parade mémorable. Il est intéressant de noter que la sape, de tous temps, a une bonne cote dans les deux Congo. À Brazzaville, par exemple, comme l’écrit Sylvain Bemba (50 ans de musique du Congo-Zaïre, Présence Africaine, Paris, p73.) : « Poto-Poto et Bacongo rivalisaient alors d’élégance et de prestige. Lorsqu’un grand bal était organisé, n’entrait pas sur la piste qui voulait. Un véritable chef de protocole appelé «président de la cour» était chargé de sélectionner les couples les mieux habillés, les mieux rompus aux entrechats des danses européennes. »

Le Congo, dès le début des années 1960, connaît une véritable effervescence littéraire dont les premiers écrivains, Jean Malonga, Martial Sinda, Lheyet Gaboka, etc., ont fait leurs premières armes au sein de la revue « Liaison ». Le théâtre connaît, surtout après l’indépendance du Congo en 1960, un fulgurant développement, grâce, notamment, au Centre de formation et de recherche d’art dramatique qui a vu passer de prestigieux acteurs, à l’instar de Pascal Nzonzi. Aujourd’hui, ce centre est en lambeaux. Trois ans de municipalisation accélérée de Brazzaville n’ont pas donné à la capitale congolaise, pays de littérature,  une salle digne de son prestige culturel.

 À la fin des années 1960 et au début de la décennie 1970, coup sur coup, Letembet Ambily et Sylvain Bemba inscrivent leurs noms dans les annales du Concours théâtral interafricain, organisé, à l’époque, par l’Office de radiodiffusion et de télévision française. D’autres dramaturges ont contribué par la suite à donner au théâtre ses lettres de noblesse : Guy Menga, Matondo Kubu Turé et Sony Labou Tansi. Son Rocado Zulu Théâtre a fait le tour du monde et porté très haut le flambeau du théâtre congolais. Brazzaville, on l’a dit, a une tradition littéraire débutée avec Jean Malonga, il y a plus de soixante ans. Depuis, ses écrivains trustent des prix partout dans le monde. Jean-Baptiste Tati Loutard est considéré comme l'une des voix majeures de l'Afrique francophone, il a publié une dizaine de recueils de poésie et obtenu divers prix. Gérald-Félix Tchicaya prend en 1957 le pseudonyme de U Tam'si (qui parle pour son pays), pseudonyme qui inspirera  Marcel Sony dit Sony Labou Tansi. À 24 ans, il publie son premier recueil "Le Mauvais sang" et est unanimement considéré comme le poète africain le plus doué de sa génération. Sony Labou Tansi, de son vrai nom Marcel Ntsoni, est un dramaturge, fortement soutenu par le Festival des Francophonies en Limousin. Ses pièces de théâtre furent jouées en France, en Allemagne, en Italie et aux États-Unis. Il reçut le Prix Ibsen en 1988. Alain Mabanckou, né le 24 février 1966 à Pointe-Noire, en République du Congo, a remporté en 2006 le prix Renaudot pour son roman "Mémoires de porc-épic". L'ensemble de son œuvre a été couronné en 2012 par l'Académie française (Grand Prix de littérature Henri Gal). Henri Lopes, écrivain, homme politique et diplomate congolais, est considéré comme l'un des représentants les plus connus de la littérature africaine moderne. En 1972, il est lauréat du Grand prix littéraire d'Afrique noire de l'Association des écrivains de langue française pour son livre "Tribaliques". En 1993, l'Académie française lui décerne le grand prix de la francophonie ; la même année, il devient docteur honoris causa de l'Université Paris XII et en 2002 de l'université de Québec. Emmanuel Dongala a été le principal animateur du Théâtre de l'Eclair. Il a reçu, le 2 novembre 2010, le prix Virilo 2010 et le prix Ahmadou-Kourouma en 2011 pour son roman "Photo de groupe au bord du fleuve" paru chez Actes Sud. Ces lauriers sont à mettre exclusivement au crédit d’hommes passionnés ; passionnés comme le sont aujourd’hui quelques éditeurs congolais qui maintiennent le feu sacré de la création littéraire. Aucun fonds de soutien pour booster cette activité, comme partout dans le monde. L’aide de ce fonds permettrait de baisser le prix du livre dissuasif actuellement.

Le 58e anniversaire de l’accession du Congo à l’indépendance est passé. Si on peut se féliciter du bilan élogieux de la littérature congolaise, pour le reste, il y a tant de choses à dire. Pour user d’un euphémisme, nous avons touché le fond. Il nous faut rebondir. Vite. Béa, Brazza-la-capitale, Brazza-la-verte, autant de noms pour désigner Brazzaville qui a la réputation d'être une ville vivante et gaie mais qui a commémoré l’anniversaire de l'accession du Congo à l’indépendance dans une atmosphère morose.  Les vrais héros ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

                                                                                   

Mfumu

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