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Lundi 6 Janvier 2020 - 8:44

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Un émissaire du président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, était arrivé, jeudi 2 janvier, à Brazzaville, porteur d’un message au chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, en lien avec la crise libyenne. Le même jour, le parlement turc votait une résolution autorisant le déploiement des soldats d’Ankara en appui aux unités du gouvernement du Premier ministre de Libye, Fayez Al Saraj, établi à Tripoli.

Des craintes d’un embrasement qui enfoncerait davantage la région du Sahel dans le chaos se multiplient car de leur côté, les forces du maréchal Khalifa Haftar installé dans l’est du pays, toujours sur le pied de guerre, peuvent elles aussi compter sur leurs puissants alliés extérieurs.

De fait, le chef de l’Etat congolais avait été mandaté par l’Union africaine pour conduire les négociations entre les parties libyennes au compte d’un comité de haut niveau qui, soit dit en passant, a eu le temps de se mettre au travail. Malheureusement, ce comité n’a pas bénéficié du soutien que lui aurait pu prodiguer la Communauté internationale pour lever un certain nombre d’obstacles parmi lesquels les ingérences extérieures à l’Afrique et à la Libye.

Dans le cadre de l’UA, des réunions successives étaient organisées à Brazzaville, au cours desquelles les principaux acteurs du conflit libyen étaient présents autorisant l’espoir d’une sortie de crise dans les délais raisonnables. C’était sans compter avec les nombreuses précipitations internationales toutes montées en épingle pour faire bonne figure ou voler la vedette aux Africains. On se rend compte, aujourd’hui, qu’elles étaient pour certaines motivées par le seul appât du gain. Les côtes libyennes, rappelons-le, sont hautement pétrolifères et tristement affairistes quand on pense à l’importante migration clandestine qui s’y opère. Cela ne déplaît pas à tout le monde.

Au fond, on pourrait à l’heure qu’il est se poser la question de savoir ce que pourrait bien faire l’UA et son comité de haut niveau sur la Libye au regard de la conjonction d’intérêts dépeinte plus haut. Pas vraiment grand-chose tant que les Libyens eux-mêmes ne réalisent pas que dans la situation actuelle de leur pays, le salut réside dans leur façon de se prendre en charge eux-mêmes. Et utilement avec l’aide de leurs frères Africains qui, dans le moment précis, prient qu’ils saisissent la perche continentale qu'ils leur tendent depuis assez longtemps déjà. 

Gankama N'Siah

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