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Ceux qui chantent...

Mardi 27 Août 2019 - 19:36

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Et qui jamais ne laissent indifférents ceux qui les écoutent, sont aussi ceux qui s’en vont bien souvent tôt, même trop tôt, privant leurs admirateurs et leurs familles éplorées de leur chaleureuse présence. Un artiste de la rumba était né ici à Brazzaville parmi les siens il y avait de cela soixante ans. Il s’était révélé au grand public dans les années 1980 à travers un opus anthologique, d’où l’on puisa un air mélancolique Yatama. Lui-même s’appelait Fernand Mabala.

Dans les premières paroles de Yatama, la voix de l’interprète traîne, entraîne, on dirait un nasillement accrocheur dont on n’éprouve aucune peine à adopter la thématique de base, l’amour. La même qui a construit toute l’histoire de la rumba depuis les anciens jusqu’à aujourd’hui. Paul Kamba, Adou Elenga, Lucie Eyenga, Wendo Kolosoy, Antoine Moundanda, Vicky Longomba, Kabassele Tshamala, Ange Linaud Ndjendo, Luambo Makiadi Franco, Tabu Ley Rochereau, Lutumba Simaro, Pamélo, Ndombé Opetum, sont ces immortels de la chanson que la mort, heureusement, n’a pu effacer de la mémoire collective.

L’actualité de ce jour est à Fernand Mabala, revenu en son pays natal pour le repos éternel après un long, très long séjour en terre française. L’une de ses chansons adulées de ses fans était justement « Visa long séjour ». Il expliquait que l’attribution du précieux sésame devenait un calvaire ; que dans tous les cas, le prétexte qui consistait à s’amouracher d’une Européenne, d’un Européen, comme garantie pour son obtention était passé de mode. Alanga Nzembo comme ceux qui sont mentionnés plus haut, le chanteur de Yatama, Petite Mbemba et biens d’autres titres à succès constituait, avec ceux qui de toute leur inspiration continuent de donner de la voix, la bande des réparateurs de cœurs endoloris.

La musique adoucit les mœurs, c’est bien connu, l’artiste lui, demeure le détenteur du secret de la belle mélodie; celle qui échappe rarement à son temps. Ce que Fernand Mabala, conduit à sa dernière demeure, ce mercredi 28 août, a fait pour la chanson congolaise est ce qu’il faut retenir des années qui l’avaient aussi couronné adepte de la religion Kitendi, maison commune des Sapeurs. Sans doute Vieux Bokul et Mutu wa Zamani, grands noms de la rumba et de la Sape, le lui reconnaissaient.

Les Dépêches de Brazzaville

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