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Ecoutez parler les "grands"

Lundi 1 Juillet 2019 - 12:17

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À Osaka (Japon) où ils étaient en conclave, en fin de semaine dernière, pour disserter sur la marche du monde, les dirigeants des vingt pays les plus nantis de la planète ont fait un peu sage. En ceci que ceux d’entre eux qui ne s’étaient pas vus depuis un bon moment ont pu échanger en tête-à-tête. Le cas des présidents russe, Vladimir Poutine, et américain, Donald Trump, que tant de dissensions géostratégiques divisent ; le cas aussi de ce dernier et son homologue chinois, Xi Jinping, qui ont pu, a-t-on appris, accorder une petite rallonge aux difficiles négociations commerciales qu’ils ne parviennent pas toujours à boucler.

On suppose que lors de leurs entrevues séparées, les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine, leur collègue turc, Recep Tayyip Erdoğan, ont pu arracher de leur ami Donald Trump la promesse qu’il ne déclenchera pas la guerre contre l’Iran dans les semaines et les mois à venir. La destruction, le 20 juin, par Téhéran, du drone américain qui aurait violé son espace aérien, est en apparence restée en travers de la gorge du locataire de la Maison-Blanche et de certains de ses proches conseillers qui l’incitent à agir. Du haut de sa sublime stature de première puissance mondiale, il serait illusoire de croire que tôt ou tard, Washington ne fera pas savoir à son ennemi juré du Proche-Orient, l’Iran, que ses drones sont sacrés. En passant par des procédés du genre frappes « ciblées » contre des objectifs « ciblés ».

Par contre si les Etats-Unis ne sont pas encore dans la grande détente avec la Corée du Nord, le désir exprimé par Donald Trump de rencontrer à nouveau Kim Jong Un (ce qu'il concrétisé dimanche en franchissant en compagnie de ce dernier et de son homologue du Sud, la zone dénucléarisée entre les deux Corées) permet de mesurer la longueur du temps que les deux pays se donnent pour mettre de l’ordre dans leurs inimitiés. Cette accalmie a le mérite de rassurer les voisins de la Corée communiste comme le libéral du sud, et aussi le Japon, l’hôte du G20. À plusieurs reprises, Séoul comme Tokyo s’est laissée ébranler par les ambitions nucléaires de Pyongyang, tandis que le géant chinois, soutien de la Corée du Nord dans la région, doit se multiplier en quatre, chaque fois, pour calmer le Nord. Gageons que les intérêts des uns et des autres ne mettront pas en péril ce semblant d’équilibre inspiré par la volonté de dialogue qui les anime tous.

Le G20 c’est l’économie, mais aussi l’actualité brûlante du climat. Héritier de l’accord de Paris conclu en 2015 sous son prédécesseur François Hollande, le président français, Emmanuel Macron, a mobilisé davantage sur l’irréversibilité de ce texte.  Lui comme les dix-huit autres dirigeants dont les pays soutiennent cet accord ne peuvent cependant rien contre l’intransigeance de leur homologue des Etats-Unis. À la différence du Français, l’Américain n’a pas suivi les traces de celui qu’il a remplacé à la Maison-Blanche, Barack Obama. En 2017, l’un des pays considérés comme faisant partie de la liste de « grands » pollueurs de la planète s’était retiré de l’accord sur le climat sans coup férir. Pourtant aussi sans faire changer d’avis les nombreux militants de la cause climatique qui, aux Etats-Unis mêmes, comme dans le reste du monde, ne baissent pas les bras.

Gankama N'Siah

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