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Epreuves de patience en RDC

Samedi 13 Avril 2019 - 19:03

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On peut se demander comment les nouvelles autorités de RDC (République démocratique du Congo), en l’absence d’un gouvernement qu’elles contrôleraient pour appliquer leur programme, font-elles au quotidien pour gérer les affaires de leur pays. On peut aussi se demander comment les autorités sortantes, en position de force au parlement, qui attendent d’être installées dans leurs prérogatives, font-elles, à leur tour, pour espérer le dénouement de la situation. Les unes et les autres font sans doute preuve de beaucoup de patience, et donc de grandeur d’esprit. Mais jusqu’à quand ?

Tant qu’ils seront animés par la volonté de bâtir leur pays, les dirigeants de RDC prendront le temps nécessaire pour avancer sur des engagements qui les empêcheront d’amplifier les querelles intestines. Plus de deux mois après la prestation de serment du président Félix Tshisekedi, les choses n’ont pas beaucoup bougé du côté de l’exécutif dans le sens d’installer un nouveau gouvernement. Le malaise est presque certain, dans la mesure où les forces en présence, parmi celles qui sont considérées comme étant au pouvoir, en l’occurrence Cach (Cap pour le changement, proche du président élu) et le FCC (Front commun pour le Congo, coalition du pouvoir sortant) n’ont pas beaucoup échangé sur le sujet.

Certes, le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur, Joseph Kabila, ont pu échanger, il y a quelques semaines, lors d’une rencontre à la Cité de l’Union africaine. Les deux camps l’avaient qualifiée de cordiale et amicale, donnant à penser que l’on approchait d’un dénouement. Depuis, plus rien, officiellement parlant. Peut-être échangent-ils par tous les moyens possibles (téléphone, émissaires) de sorte que les supputations de la presse, les longues diatribes des réseaux sociaux ne sont que le fait d’adeptes du sensationnel. Il faut donc toujours attendre pourrait-on dire.

Entre-temps, le président de RDC a multiplié les missions d’information à l’extérieur. Partout où il est passé, en Afrique comme récemment aux Etats-Unis d’Amérique, il a pris langue avec ses homologues et les partenaires au développement. Les uns et les autres lui ont témoigné officiellement leur reconnaissance (autant dire qu’il n’a plus beaucoup de souci à se faire sur sa légitimité internationale), ou promis de relancer la coopération mise à mal les dernières années. Il a pu aussi s’exprimer chaque fois, développant peut-être, en fonction de son interlocuteur, le discours approprié. Quelle oreille lui prête-t-on à l’intérieur du pays, et quel commentaire en fait-on ? Il est difficile pour l’heure de le savoir.

Assiste-t-on, peut-être, à une prise de pouvoir lente de l’équipe entrante, mais au regard des équations réelles émanant des résultats des élections, notamment des législatives et provinciales, il apparaît nettement qu’une solution consensuelle soit possiblement meilleure qu’autre chose. Même si beaucoup d’expériences l’ont montré à travers le monde et particulièrement en Afrique, quand le consensus l’emporte sur le droit, les parties prenantes doivent se montrer aptes à préserver l’équilibre trouvé. Pour ne pas se contenter de gérer les humeurs et bloquer complètement le pays.  

Le Cach et le FCC ont intérêt à en discuter sereinement pour ne pas fatiguer leur propre patience et rompre les amarres du voisinage qui semblaient les lier au sortir du scrutin présidentiel du 30 décembre dernier. 

Gankama N'Siah

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