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Samedi 27 Juillet 2019 - 13:00

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Essebsi comme exceptionnel. On peut décrire ainsi le parcours tout à fait unique du président tunisien, Beji Caïd Essebsi, qui a tiré sa révérence jeudi dernier dans son pays. Il semble que malgré son âge avancé, 92 ans, ses compatriotes le portaient, entre autres, pour l’audace qu’il eut, lui-même, de se frayer le chemin entre les espoirs peut-être trop grands suscités par la révolution de 2011, et les incertitudes croissantes parmi ceux que ce moment particulier de l’histoire de leur pays apeurait.

Quand on observe en effet les suites des « printemps arabes » qui ébranlèrent la région africaine du Maghreb au début des années 2010, il y a bien malgré tout quelques transitions réussies. Celle de la Tunisie en est une. Cela, grâce au rôle joué par le peuple tunisien en premier, mais aussi par celui accompli dans ce sillage par les dirigeants au nombre desquels, incontestablement, BCE comme on appelait parfois cet homme élu président de la République, le 21 décembre 2014, à l’âge de 88 ans.

C’est que pour lui, entre les extrémistes de tous bords qui, profitant d’une période de troubles, s’ils ne réclament pas tout de suite tout le pouvoir pour eux seuls, exigent que toutes les mauvaises têtes supposées tombent, le salut pour son pays résidait dans le rassemblement. Le rassemblement des forces qui, quelles que soient les pressions, ne cèdent pas à la surenchère de la division et de la prétention ; qui laissent les choses livrer leurs propres solutions sans qu’il est besoin de porter en triomphe les idées reçues.

À l’évidence, la Tunisie est un pays en crise qui tente de se relever. Devant l’ampleur des difficultés économiques, devant la menace terroriste, le président Essebsi ne pouvait trouver meilleur allié que son attachement à la réconciliation nationale. C’est un des défis que rencontrent les pays en période post-conflit, le sien l'étant aussi dans la mesure où les révolutions, par les bouleversements qu’elles provoquent, sont des preuves de conflits.

Ne pas prendre le pays de religion musulmane qu’est la Tunisie pour une république islamique a été la vision de Beji Caïd Essebsi. Pour avoir exercé durant sa longue carrière politique et administrative tour à tour à l’Intérieur, aux Affaires étrangères et à la Défense comme ministre, il savait sans doute dessiner la ligne de fracture qui existe entre la liberté de croyance et la liberté tout court, entre les appétits des groupuscules et l’intérêt général.

Dans quelques jours, quand les Tunisiens qui ont conduit leur papa à sa dernière demeure samedi auront fait leur deuil, restera la mobilisation partisane pour l’élection présidentielle fixée au 15 septembre. A ceux qui aspirent à prendre la suite de BCE de savoir maintenir la Tunisie dans le cénacle des nations démocratiques où les appartenances de divers ordres ne plombent pas l’épanouissement collectif.

Gankama N'Siah

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